Le projet prévoit la conversion du poste Rolland, actuellement exploité à 120 kV, vers une infrastructure de 315 kV afin d’augmenter la capacité du réseau dans un secteur en forte croissance.
Selon Marie-Annick Gariépy, conseillère — Relations avec le milieu chez Hydro-Québec, le poste Rolland arrive aussi à la fin de sa vie utile après près de 60 ans de service.
« Tant qu’à remplacer des équipements majeurs, on en profite pour répondre en même temps aux besoins futurs du secteur », explique-t-elle.
Une nouvelle ligne d’environ huit kilomètres
Pour alimenter le futur poste Rolland à 315 kV, Hydro-Québec prévoit construire une nouvelle ligne de transport d’environ huit kilomètres à partir du poste Lafontaine, à Saint-Canut.
Le poste Lafontaine agit déjà comme point de redistribution dans le réseau régional, acheminant l’électricité vers différents postes des Laurentides, dont ceux de Saint-Jérôme et de Mirabel.
La nouvelle ligne viendrait créer une « déviation » à partir du réseau existant afin d’augmenter la capacité d’alimentation du secteur.
Hydro-Québec affirme que le projet vise principalement à répondre à la croissance résidentielle observée dans les Laurentides, notamment à Mirabel et à Saint-Jérôme, où l’électrification des transports et les nouveaux développements immobiliers augmentent rapidement la demande en électricité.
L’entreprise mentionne aussi vouloir maintenir une certaine marge de capacité pour d’éventuels développements industriels, notamment autour du pôle aéronautique de Mirabel.
Des consultations qui rappellent celles du TGV Alto
La première activité publique entourant le projet aura lieu le 15 juin à Saint-Canut.
La formule retenue risque de rappeler à plusieurs citoyens les consultations récentes du projet de train à grande vitesse Alto : kiosques thématiques, experts sur place, cartes du territoire et échanges individuels avec les spécialistes.
Hydro-Québec insiste toutefois sur un élément qui distinguera la rencontre : une présentation magistrale suivie d’une véritable période de questions publique à 18 h.
« On s’est rendu compte que certaines personnes souhaitent poser leurs questions devant tout le monde et entendre les préoccupations des autres citoyens », souligne Marie-Annick Gariépy.
Les citoyens qui ne pourront pas se déplacer pourront également participer par l’entremise d’une plateforme de consultation en ligne comprenant une carte interactive où il sera possible d’ajouter commentaires et suggestions.
Mirabel est sceptique
Si Hydro-Québec insiste sur le fait qu’aucun corridor définitif n’a encore été choisi, le projet suscite déjà des inquiétudes à l’hôtel de ville de Mirabel.
La mairesse Roxanne Therrien a fait savoir qu’elle s’opposait au projet dans sa forme actuelle, estimant que plusieurs questions demeurent sans réponse concernant les impacts potentiels sur les propriétés privées, les terres agricoles et les milieux naturels.
La Ville souhaite notamment obtenir davantage d’information sur les scénarios étudiés, les critères qui guideront le choix du tracé ainsi que les conséquences possibles pour les résidents concernés.
De son côté, Hydro-Québec affirme que les études environnementales et les consultations en cours serviront justement à mieux comprendre les particularités du territoire avant de présenter des variantes de tracés plus précises à l’automne.
Madame Gariépy indique vouloir privilégier des corridors déjà marqués par des infrastructures existantes lorsque cela est possible, afin de limiter les impacts sur les milieux habités et agricoles.
Elle affirme également vouloir réduire au minimum les impacts visuels et l’empiétement dans les champs agricoles grâce à l’utilisation de pylônes à emprise réduite.
La mise en service du nouveau poste Rolland et de la future ligne de transport est actuellement prévue aux alentours de 2032. D’ici là, le projet devra franchir plusieurs étapes réglementaires et environnementales avant d’obtenir les autorisations nécessaires à sa réalisation.
