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Les chauffeurs de taxi de Saint-Eustache tout aussi mécontents

Photo Benoît Bilodeau – Quelques chauffeurs de Taxi Deluxe de Saint-Eustache qui ont manifesté leur mécontentement au bureau du député-ministre Benoit Charette à la suite du dépôt du projet de loi 17.

Les chauffeurs de taxi de Saint-Eustache tout aussi mécontents

Projet de loi 17

Comme c’est le cas un peu partout à travers le Québec, les chauffeurs de taxi de Saint-Eustache sont tout aussi mécontents — et le mot est faible — du projet de loi 17 qu’a déposé le gouvernement Legault qui vise à «moderniser l’industrie du transport rémunéré de personnes par automobile». Ils l’ont d’ailleurs fait savoir au député et ministre Benoit Charette qu’ils ont tenté de rencontrer, le lundi 25 mars dernier, à son bureau de circonscription.

En l’absence de M. Charette, c’est son attaché politique Nicolas Guay qui a reçu, en fin d’avant-midi, deux représentants de Taxi Deluxe de Saint-Eustache, pendant qu’une dizaine d’autres, qui avaient pris part à la manifestation déployée plus tôt en matinée sur l’île de Montréal, attendaient à l’extérieur.

Soixante familles en difficulté

Que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur, la demande était la même: que ce projet de loi soit tout simplement retiré; ce à quoi, on le sait maintenant, se refuse cependant le ministre des Transports, François Bonnardel.

Dans la région immédiate, 35 chauffeurs possèdent un permis de taxi payé parfois jusqu’à concurrence de 200 000 $. À ce nombre s’ajoutent 25 autres chauffeurs qui louent les permis en question (et les voitures) pour permettre un service continu sur un territoire de base qui s’étend de Saint-Eustache jusqu’à Oka.

«Nos fonds de retraite ne valent plus rien avec ce projet de loi. Le gouvernement va mettre 22 000 familles dans la rue, et 60 dans la région immédiate. La majorité d’entre nous va être obligée de déclarer faillite, car nos permis ne sont pas payés entièrement. Les mesures de compensation, c’est parce que Uber nous a fait perdre de l’argent. Ce n’est pas un dédommagement. En tout, ici, à Saint-Eustache, on va recevoir 16 000 $. Et on va rien dire? » , de lancer en colère Benoît Bélanger, chauffeur de taxi depuis 18 ans, qui indique que les règles ne seront pas, même après l’adoption du projet de loi, les mêmes pour eux que pour les chauffeurs d’Uber puisqu’ils devront respecter malgré tout la tarification imposée par le ministère des Transports du Québec, à savoir le coût de départ, le coût au kilométrage et le coût d’attente.

Un plongeon dans la précarité

Au sortir de bureau de circonscription du député Charette, où l’on a pris note de leurs revendications et recommandations, Pascale Provost, également chauffeuse de taxi depuis 20 ans, a ajouté aux propos de M. Bélanger, son conjoint.

«Cette loi-là nous plonge tous dans la précarité, car on va tous être au bord de la faillite à la minute où elle sera en vigueur. C’est une loi complètement inhumaine pour le monde du taxi. À l’âge que nous avons, 50, 60 et même 70 ans, on peut difficilement se revirer de bord. Moi, il me reste 80 000 $ à payer à mon gérant de banque. Lorsque la loi sera adoptée, je vais devoir continuer à le payer. C’est pas 8 000 $ de plus qui vont m’aider» , de lancer Mme Provost qui accuse le gouvernement d’avoir créé cette offre et demande des permis quand il a imposé des quotas en 1984 et contribué, du coup, à ce que la valeur des permis augmente.

Déçus du député Charette

Enfin, certains chauffeurs en avaient gros sur le cœur quant à l’attitude du député Benoit Charette pour qui ils ont travaillé durant la dernière campagne électorale. «Je l’ai appelé, mais ne m’a jamais rappelé. Je crois qu’il connaît très bien mon numéro de téléphone» , d’indiquer, déçu, Benoît Bélanger.

«Moi, j’ai travaillé pendant trois campagnes avec lui. J’étais à ses côtés tout le long. Depuis mercredi dernier [le 20 mars], j’essaie de le rejoindre et il ne répond même plus à mes appels. C’était un ami personnel. Là, il est élu, et on n’est plus importants. Je trouve ça assez ordinaire comme comportement…» , de conclure Pascale Provost.

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