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Photo Christian Asselin – Le grand chef du Conseil mohawk de Kanesatake, Serge Otsi Simon.

Le grand chef Simon s’exprime: «On nous enlève tout ce qui compose un Mohawk!»

Pour le grand chef Serge Otsi Simon, les terres qui sont au cœur de ce litige, celui-là même qui l’a amené, le 10 janvier, à intenter une poursuite contre la Municipalité d’Oka et le gouvernement du Québec, leur sont promises depuis plus de 300 ans. Et il a bien l’intention de les réclamer.

«Depuis des années, le gouvernement nous enlève nos terres, nous enlève nos ressources, nos enfants, notre langue, notre culture, et là, il veut nous enlever notre patrimoine! On nous enlève tout ce qui compose un Mohawk. Notre identité est à risque!», rage le grand chef du Conseil mohawk de Kanesatake qui n’y va pas avec le dos de la cuillère lorsqu’il donne son avis au sujet de la relation qui existe entre la province de Québec et les autochtones.

«C’est de l’arrogance! C’est honteux la façon dont le Québec opère avec les Premières Nations. Même les ossements de nos ancêtres ne sont pas protégés et sont considérés comme le patrimoine du Québec. On ne peut même pas réclamer qu’il s’agit de notre patrimoine!»

Pour Serge Otsi Simon, la communauté autochtone fait partie de l’histoire du Québec et il importe donc de s’assurer qu’elle ne tombe pas dans l’oubli.

«Nous sommes ignorés constamment, comme si nous n’avions pas d’importance», dit-il.

Oka comme partenaire

En juillet 2019, le Conseil mohawk de Kanesatake s’était entendu avec Grégoire Gollin, propriétaire des deux tiers du site visé par la poursuite, pour protéger la pinède. Depuis, affirme le grand chef Simon, «le maire et sa municipalité sont sur une quête d’empêcher Kanesatake de rapatrier ses terres ancestrales».

«Depuis l’été 2019 que nous avons l’intention de protéger la Pinède. M. Quevillon a volé notre idée. Il a dit à M. Gollin qu’il ne pouvait céder ces terres aux Mohawks, car Oka allait être enclavée par les Mohawks. C’est une mentalité raciste!»

Serge Otsi Simon affirme que tout ce qu’il veut depuis neuf ans, c’est de travailler main dans la main avec Oka.

«Tout ce que j’ai voulu promouvoir, c’est le développement commun. Même si on rapatrie nos terres, pourquoi pas inviter Oka à être un partenaire dans le développement?» se questionne le grand chef avant d’ajouter avoir accès à des fonds et des partenaires importants qui permettraient à Kanesatake et Oka de travailler en collaboration.

«Malgré que M. le maire perdrait des taxes municipales, la Municipalité ferait beaucoup plus d’argent en développement économique [en s’associant] avec nous. Le raciste systémique qui existe dans la province, c’est bien mal fondé».

L’unique souhait du grand chef Serge Otsi Simon, c’est de travailler ensemble pour rétablir, dit-il, «la paix mutuelle à long terme».

«Mais le maire d’Oka refuse de voir cette possibilité, car il n’a aucune vision! C’est ce qui m’enrage le plus! Selon lui, les Mohawks n’ont rien. Je m’excuse, mais nous allons prouver que ce n’est pas le cas! Il y en a qui voit les Warriors comme une force dangereuse; nous, c’est le maire Quevillon que nous voyons comme une force dangereuse!»

Pourtant, conclut Serge Otsi Simon, beaucoup de bonnes choses sont faites par beaucoup de bonnes personnes à Kanesatake. Mais cela, on ne l’entend pas.

«Tout le monde voit qu’il y a toujours du trouble. C’est toujours le mal qui est mis de l’avant, mais nous avons beaucoup de bien dans Kanesatake et des méchantes bonnes gens qui travaillent fort et qui veulent faire quelque chose de bon».

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