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Photo Benoît Bilodeau – L’une des anciennes locomotives de la ligne Deux-Montagnes, restaurée l’an dernier, qui peut être vue aux abords du chemin d’Oka, à l’entrée est de la ville de Deux-Montagnes.

Le dernier tour de rail du train de Deux-Montagnes

Avec des wagons encore plus vides qu’à l’habitude en raison de la pandémie, mais aussi du congé du temps de Fêtes, le train de banlieue de la ligne Deux-Montagnes a effectué, le jeudi 31 décembre dernier, un dernier tour de rail avec ses derniers départs et arrivées entre les gares Deux-Montagnes et Bois-Franc.

Si l’interruption de la liaison jusqu’à la gare Centrale avait marqué les esprits, en mai dernier, c’est cette fois, 102 ans après sa mise en service, une page importante de l’histoire de cette ligne ferroviaire qui vient définitivement d’être tournée. Celle-ci fera place, on le sait, à l’antenne Deux-Montagnes du nouveau Réseau express métropolitain (REM) qui doit normalement accueillir ses premiers usagers à l’automne 2024, soit 10 mois plus tard que prévu.

Un peu d’histoire…

Moyen de transport privilégié durant dix décennies, d’abord pour le transport de marchandises entre Montréal et Ottawa (ce d’ailleurs pourquoi elle a vu principalement le jour) et pour les vacanciers de Montréal qui venaient se prélasser sur les plages du lac des Deux Montagnes, puis pour les travailleurs désirant se rendre jusqu’au centre-ville de Montréal sans affronter les bouchons de circulation y menant, la ligne Deux-Montagnes a été l’une des plus achalandée de la région métropolitaine, avec jusqu’à plus de 15 000 passagers par jour en direction de l’île de Montréal et, en 2010, un sommet de quelque huit millions de déplacements. Elle était encore, à ce jour, la seule ligne de train électrifiée du Grand Montréal et la première à avoir été mise en service au Canada.

Fait inusité, c’est en pleine crise sanitaire, avec la grippe espagnole qui sévissait alors à ce moment, que le premier train a traversé sans tambour ni trompette le tunnel nouvellement creusé sous le mont Royal, le 21 octobre 1918, six ans après le début des travaux interrompus par la Première Guerre mondiale.

Et c’est à nouveau en pleine crise sanitaire, avec cette fois la COVID-19 à l’avant-scène, que ce même train, pour ainsi dire, a effectué un ultime et dernier trajet dans la soirée du 31 décembre dans la quasi indifférence.

Deux vies…

La ligne Deux-Montagnes aura connu deux vies durant ces 102 ans d’histoire. Une première entre les 1918 et 1995 avec les anciennes locomotives, dont l’une peut d’ailleurs être vue aux abords du chemin d’Oka, à l’entrée est de la ville de Deux-Montagnes; et une deuxième, de 1995 jusqu’à la fin de 2020, après des travaux de modernisation longuement réclamés par des usagers de l’époque (pensons ici au défunt Roger Lemoine) et le défunt maire de Deux-Montagnes et député de la circonscription provinciale de Deux-Montagnes, Jean-Guy Bergeron.

Aujourd’hui, c’est l’un de ses successeurs, à la mairie, Denis Martin, qui doit veiller au grain. Et celui-ci dit avoir eu des sentiments partagés par rapport à cette fin que vient de connaître la ligne Deux-Montagnes.

«Le REM, avec deux stations sur le territoire de la ville, demeure un atout important de modernité pour le transport en commun. Par contre, l’interruption de service pendant quatre ans demeurera toujours complètement inacceptable. Donc, heureux que les travaux pourront enfin débuter et indigné sur le manque de respect flagrant envers les fidèles usagers», a-t-il confié à votre hebdo L’ÉVEIL.

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