- PUBLICITÉ -

Photo Benoît Bilodeau – Après avoir été barbier pendant 62 ans, dont 58 années à la même adresse, Pierre Laparé a décidé de prendre sa retraite!

Le dernier «au revoir» du barbier Pierre Laparé

Il y pensait depuis un certain temps, mais n’avait pas encore pris de décision définitive en ce sens, hésitant encore sur le moment pour la prendre. La pandémie de la COVID-19 aura finalement fait pencher la balance en faveur d’une retraite bien méritée pour Pierre Laparé qui, le 30 juin dernier, a accroché peignes, rasoirs et ciseaux après avoir été barbier pendant 62 ans, dont 58 années de suite à la même adresse, à Deux-Montagnes.

L’homme qui a célébré ses 79 ans dès le lendemain de sa retraite, le 1er juillet dernier, aurait cependant voulu que cela se passe autrement. Il aurait, en effet, voulu dire un dernier «au revoir» à ses nombreux clients qui, au fil des ans, sont devenus aussi de bons amis.

«Bien évidemment, j’aurais aimé leur dire qu’il s’agissait de la dernière coupe de cheveux que je leur faisais et, surtout, les remercier pour toutes ces belles années», de raconter, le jour même de son anniversaire, M. Laparé dans son ancien local du chemin d’Oka.

Mais, alors qu’il approchait ses 79 ans, Pierre Laparé a pensé à sa santé et à tout ce que la réouverture de son salon de barbier allait impliquer pour lui et ses clients. «C’est sûr que je pensais à cette retraite, mais je ne me décidais pas. Je trouvais surtout difficile de laisser mes clients qui étaient davantage des amis et des chums. Avec l’arrivée de la COVID-19 et tout ce que cela m’aurait demandé comme travail et comme risques, je me suis dit qu’il valait mieux arrêter à ce moment-ci», d’expliquer le nouveau retraité.

Inspiré par un cousin

C’est en 1956 que le natif de Verdun déménage à Deux-Montagnes (alors connu sous le nom de Saint-Eustache-sur-le-Lac), avec ses parents. Inspiré par son cousin André Plante qui pratique déjà le métier, Pierre Laparé suit, à l’aube de la vingtaine, une formation de cinq mois à l’École de barbier Moreau, à Montréal, puis travaille deux ans dans le domaine, toujours à Montréal.

Puis, deux ans plus tard, il se transporte sur la 8e Avenue, à Deux-Montagnes, pour œuvrer aux côtés de ce fameux cousin qui l’avait inspiré. Et deux ans plus tard, au mois d’octobre 1962, quelques mois à peine après son mariage (c’était le 2 juillet précédent), il se porte acquéreur du commerce que vient de délaisser le barbier Gilles Latour, devenu par après baryton. «Ça s’est fait très vite. Mon beau-père avait déjà une épicerie-boucherie à Châteauguay et n’a pas hésité, fier qu’il était que je me lance en affaires, à me soutenir financièrement à ce moment», se rappelle Pierre Laparé.

Impliqué dans sa communauté

S’il a été apprécié comme barbier, Pierre Laparé l’a aussi été pour ses nombreuses implications dans sa communauté d’adoption. Il est notamment à l’origine de la mise sur pied de l’organisme Dépannage Saint-Agapit qui, encore aujourd’hui, soutient les familles démunies avec, entre autres, la distribution de paniers de Noël. Il a aussi été membre du Club Optimiste de Deux-Montagnes et organisé des soirées de danse pour les jeune au sous-sol de l’église Saint-Agapit.

Il a aussi été élu à quatre reprises, de 1989 à 2005, comme conseiller municipal et siégé, pendant ces 16 années, aux côtés des maire Jean-Guy Bergeron, Michel Mastromattéo et Pierre-Benoît Forget.

Après, en trois jours, avoir vidé et remis les clés de son local, célébré son 79e anniversaire de naissance et fêté son 58e anniversaire de mariage avec son épouse Suzanne Laberge, Pierre Laparé avoue avoir connu «une semaine assez spéciale», mais dit surtout, au final, «être bien» avec la décision prise et, surtout, avec ce dernier «au revoir» qu’il peut maintenant adresser à ses clients et amis!

- PUBLICITÉ -

La dernière édition

- PUBLICITÉ -
Top