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La famille s’en mêle

Le moral est au plus bas pour Matisse et Mégane qui, pour une troisième fois, voient leur donneuse se désister.

La famille s’en mêle

Dons d’ovules

Chapitre 6
2011: dans lequel on remarque que la tête ne dépend pas toujours d’un cœur

«Sachant qu’un bébé coûte cher (n’en déplaise à son ovocyte), nos inséparables ont accepté l’inévitable. Ils devront payer le prix fort pour chouchouter et dorloter une petite tête blonde. Si parfois le découragement les gagne, ils reconnaissent et acceptent l’idée qu’un poupon, quelque part là-haut, est en attente de sa naissance. Signe inéluctable du destin, émerge encore une fois une fée bienveillante répondant au nom enchanteur de Pourvoyeuse-Authentique du septième ciel. Médusé par ce prénom aux consonances divines, le tandem décide de consulter son indice de bonheur qui se met alors à grimper à une vitesse vertigineuse.»

Le cauchemar de la donneuse qui récupère son ovule après l’avoir fait miroiter, vendu puis racheté, semble tirer à sa fin. L’appel ultime lancé par Mégane et Matisse à leur famille respective pour trouver une donatrice altruiste porte fruit. Une voix emballée, voire euphorique, résonne agréablement à leurs oreilles. Elle est là, au bout du fil. Elle connaît leur histoire. Oui, oui, on l’a mise au courant et elle veut qu’ils aient ce bébé si ardemment désiré.

Terminées les déceptions, les attentes, les recherches; son ovule sera le leur. Oui, son travail lui permettra les déplacements nécessaires, oui, elle est certaine de sa décision et son conjoint également et non, mais alors là, non, elle ne veut pas de compensation monétaire pour son ovocyte.

«C’était fini, le magasinage sur Internet. Enfin! Peu de temps après, nous avons entrepris les démarches auprès de la clinique et les tests ont commencé. La rencontre avec la psychologue de la clinique s’est très bien passée et notre donneuse était pleinement consciente de son don d’ovule, de l’enfant à naître qui contenait son patrimoine génétique. L’ambiance était très relaxe», se souvient Matisse.

Le protocole est ensuite appliqué et les premiers tests ont lieu. Aux résultats de ces derniers, on note malheureusement une prévalence de cancer chez la donneuse. Le cancer du sein ayant déjà frappé des membres de sa famille, il se pourrait qu’avec la prise de médicaments (essentielles au don d’ovule) le risque de développer la maladie soit présent.

«Elle était inquiète et posait des questions, elle s’assurait des impacts de la médication sur sa santé. Les réponses du médecin n’étaient pas toujours claires non plus. L’aspect d’un cancer l’insécurisait aussi. Elle était allée voir son médecin pour s’informer. À ce moment-là, la sentant un peu ébranlée et confuse, nous lui avons affirmé que nous comprendrions très bien si elle souhaitait se retirer du projet.»

Mais la donneuse est catégorique, elle fait partie du projet. En dépit de la ténacité de la jeune femme à vouloir continuer, Matisse remarque que la communication n’est plus aussi facile qu’au début. Les suivis médicaux sont pénibles à obtenir et les rendez-vous régulièrement repoussés par la donneuse. «Elle avait changé d’emploi, ses heures de travail étaient différentes, et nous avions de la difficulté à entrer en contact avec elle», poursuit Matisse.

Par trois fois, Mégane et Matisse lui font comprendre qu’elle peut cesser le protocole avec eux. Par trois fois, elle leur répète qu’elle veut poursuivre.

Finalement, le coup de théâtre proviendra de la clinique elle-même qui leur affirmera avoir atteint son quota de protocoles pour l’année. Matisse, Mégane et leur donneuse devront attendre deux mois avant de tout reprendre.

«Ce délai de deux mois a été fatal. Après cela, nous avons tenté de rentrer en communication avec elle. Peine perdue, elle ne répondait plus à nos courriels ni au téléphone. Ce fut un gros choc pour Mégane. Nous étions si près du but», évoque Matisse.

Déprimé, celui-ci émet le désir de tout arrêter, mais Mégane le supplie de continuer. «Elle était ma motivation là-dedans, car si ce n’était que moi, j’arrêtais tout», admet-il.

Dépité, il reprend tout de même sa routine: recruter virtuellement, matin et soir (dans le train), des donneuses d’ovules.

 

 

 

 

 

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