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Photo Michel Chartrand (R) – Une barricade devenue plus que célèbre que celle érigée au haut de la rue Saint-Michel pendant la crise d’Oka.

Il y a 30 ans, c’était la crise d’Oka: Une tension toujours palpable

Ce samedi 11 juillet, il y aura très exactement 30 ans que la crise d’Oka a vraiment débuté avec le décès d’un policier de la Sûreté du Québec (SQ) au haut de la côte de la rue Saint-Michel, tout près du Club de golf Oka; crise qui allait s’étendre jusqu’à la fin du mois de septembre suivant. Trente ans plus tard, les acteurs ont bien évidemment changé, mais, encore aujourd’hui, la tension est toujours palpable entre les communautés blanche et mohawk comme en ont fait foi certains récents évènements.

Et cette tension risque à nouveau d’être ravivée d’un cran avec le projet d’une aire protégée mohawk dans la pinède d’Oka que souhaite voir se réaliser rapidement le grand chef du conseil de bande de Kanesatake, Serge Otsi Simon, mais auquel entend s’opposer vivement le maire de la Municipalité d’Oka, Pascal Quevillon.

Le projet touche plus précisément 70 hectares de terres situées dans la pinède d’Oka et dont est propriétaire le promoteur Grégoire Gollin qui souhaite depuis plus d’un an les céder, sous forme d’un don que serait reconnu comme tel par le ministère du Revenu, à la communauté mohawk. M. Gollin veut aussi, dans un deuxième temps, céder 150 autres hectares qu’il possède.

Comme l’an dernier, le maire Quevillon s’oppose à ce projet de cession, craignant que le territoire en question devienne un nouveau lieu de vente de cigarettes et de cannabis. Le grand chef Simon, lui, soutient, qu’il n’en est rien et que l’aire sera bel et bien protégée.

Des solutions pour régler la situation

Le différend entourant ce projet d’aire protégée mohawk illustre que les tensions entre les deux communautés ne sont pas prêtes de disparaître, 30 ans après la crise d’Oka. Les enjeux territoriaux demeurent toujours une source de friction, mais chacun des élus a aussi ses solutions pour que la situation à Oka et Kanesatake soit réglée une fois pour toute. Des solutions qui se rejoignent d’ailleurs au final.

Pour le maire d’Oka, il importe que la communauté mohawk «reprenne le contrôle» de son territoire, faisant ici allusion à la multiplication des cabanes de cigarettes et de cannabis, ainsi qu’à la trentaine de sites de dépôt d’enfouissement illégaux qui y ont été répertoriés par les Mohawks eux-mêmes.

«Actuellement, c’est en chute libre, et encore plus depuis la légalisation du cannabis. On n’a pas l’impression que c’est le conseil de bande qui dirige. C’est comme un buffet tout inclus pour le crime organisé. Je ne dis pas que le grand chef n’essaie pas; il veut avoir son corps policier, mais les gouvernements hésitent avec ce qui s’est passé il y a 15 ans [avec l’ancien corps policier]. Il faut que le conseil mohawk reprenne le contrôle de son territoire et devienne aussi un exemple environnemental, ce qui est loin d’être le cas actuellement», de mentionner, en entrevue, le maire d’Oka qui, en 1990, était âgé de 16 ans lorsque la crise a éclaté.

Pour sa part, le grand chef Serge Otsi Simon croit que la mise en place d’un corps policier autochtone indépendant du conseil de bande, constitué de mohawks provenant de communautés sœurs, permettrait de rassurer sa communauté. Il demande aussi à avoir des inspecteurs en environnement dotés de pouvoirs pour agir contre les sites d’enfouissement illégaux sur son territoire.

«Il faut ramener le calme, protéger et rassurer la communauté, s’assurer que les gens vont respecter nos lois et ce que la majorité d’entre nous souhaitons pour notre territoire. À partir de là, on pourra avancer sur le plan du développement économique, garantir la protection des investissements, mettre de l’avant des projets», d’indiquer, également en entrevue, le grand chef, qui avait, lui, 29 ans, au moment de la crise d’Oka.

Au sujet de ce corps policier, M. Simon dit d’ailleurs être toujours en discussion à ce sujet avec le gouvernement fédéral. Un dossier qui, s’il se règle rapidement, pourrait permettre sans doute de détendre quelque peu cette tension toujours bien présente entre deux communautés appelées pourtant, depuis des centaines d’années, à se côtoyer au jour le jour.

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