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Françoise David: pour une discussion franche sur le féminisme

Françoise David.

Françoise David: pour une discussion franche sur le féminisme

Le 14 avril, à la bibliothèque de Sainte-Thérèse

Êtes-vous féministe? Vous ne le savez pas? Vous pourriez en discuter avec Françoise David, le samedi 14 avril à la bibliothèque Sainte-Thérèse, alors que la militante de longue date prononcera une conférence sur Les luttes féministes en 2018, au Québec et ailleurs.

Êtes-vous féministe? Vous ne le savez pas? Vous pourriez en discuter avec Françoise David, le samedi 14 avril à la bibliothèque Sainte-Thérèse, alors que la militante de longue date prononcera une conférence sur Les luttes féministes en 2018, au Québec et ailleurs.

C’est comme ça qu’elle formule l’invitation à l’approche de cette activité qui, bien que ciblant ce moment précis de notre histoire collective, ne sera pas exempte d’une brève mise à jour des luttes importantes engagées par les femmes au XXe siècle. «Chacune de ces luttes a pris énormément de temps. On ne nous a pas fait de cadeau» , signale Mme David, en entrevue téléphonique.

Plus est, la conférencière évoquera deux moments charnières de l’histoire récente du Québec, qui auront démontré, exprime-t-elle, que notre société, malgré des progrès significatifs, n’était pas aussi avancée qu’on l’avait cru. «Le premier choc, c’est Polytechnique» , dit-elle à propos du 6 décembre 1989, alors qu’une chose que l’on croyait tout à fait impossible est pourtant arrivée chez nous. «Ce qui a été tout aussi troublant, rappelle-t-elle, c’est que beaucoup de gens se refusaient à croire qu’il s’agissait d’un geste misogyne. C’était extrêmement difficile à vivre pour les féministes. On nous accusait de vouloir récupérer l’événement. Il aura fallu 25 ans pour que ce soit reconnu à l’Assemblée nationale.»

L’autre choc, c’est la naissance toute récente du mouvement #MoiAussi qui, tout en provoquant une déferlante de dénonciations d’abus sexuels, nous a encore dit, reprend Françoise David, que les choses n’avancent pas vite. «Tout d’un coup, on se rend compte que presque toutes les femmes sont sujettes, un jour ou l’autre, à subir une remarque sexiste, un frôlement, du harcèlement, une agression. On n’est plus en 1960» , souligne celle qui se définit tout de même comme une féministe optimiste.

Discuter, savoir écouter…

Bien sûr, son exposé du 14 avril fera état des victoires obtenues par les femmes dans leur quête d’une société totalement égalitaire. «Chaque lutte des femmes, au XXe siècle, s’est terminée par des gains formidables. On continue d’en faire, mais paradoxalement, on s’aperçoit que notre culture sur le plan des rapports hommes-femmes n’a pas changé autant» , avance-t-elle en se gardant bien de vouloir généraliser.

Il y a d’ailleurs, chez Françoise David, un ton bien particulier qui rend l’apostrophe féministe (on a tout de même besoin de se faire brasser la cage, de temps à autre) plus facile à encaisser. Ce ton, à la fois ferme, direct et respectueux lui vient-il naturellement ou l’a-t-elle travaillé, peaufiné, mis au point? «Ça se développe avec le temps et avec l’âge. Je n’ai pas toujours été comme ça, répond-elle. Je suis avant tout une femme de terrain. Quand on travaille avec les gens, on finit par avoir le tour de leur parler. Bien sûr, il y en a avec qui il faut être direct, mais le peuple québécois dans l’ensemble est un peuple de bonne volonté. Il faut prendre le temps de s’asseoir avec les gens, d’avoir une discussion franche. Si on leur dit tout de suite que ce qu’ils font n’a pas de bon sens, ça part mal.»

S’il n’y a pas d’ouverture à la discussion, il n’y aura donc pas de changement. Et ça s’applique à toutes les causes, renchérit Françoise David. «Toutes les personnes qui veulent changer la société doivent avoir la patience de parler et de cheminer avec les gens. Il faut éviter de se placer dans la position de celle qui sait tout. En écoutant les gens, c’est fou ce qu’on apprend» , dit-elle.

Devenir féministe…

Bachelière de l’Université de Montréal en service social, en 1972, Françoise David a rapidement épousé diverses causes touchant notamment la pauvreté dans les quartiers populaires de Montréal. Elle a organisé des manifestations, mis sur pied des projets, elle a toujours été attirée par l’action, mais c’est tout de même à la naissance de son enfant, à l’âge de 32 ans, qu’elle a pris véritablement conscience de l’inégalité entre les hommes et les femmes. «Jusque-là, j’avais vu des choses, bien sûr, mais toujours en me disant que ça n’arrivait qu’aux autres. À mon tour, j’ai vécu une séparation. Le papa s’occupait du fiston, mais je me suis tout de même retrouvée avec la majeure partie des responsabilités. Subitement, ça m’a atteint. J’ai découvert que j’étais féministe. C’est souvent comme ça qu’on change dans la vie» , soumet Françoise David, qui a nourri cette découverte au contact d’autres féministes (Madeleine Parent, Léa Roback) ou avec des lectures signifiantes (Ainsi soit-elle, de Benoît Groulx, notamment), autant de matériaux qui auront façonné le personnage public, celle qui allait notamment devenir présidente de la Fédération des femmes du Québec et porte-parole de Québec Solidaire.

«Mais il y a eu d’abord ma mère, qui ne se serait jamais dite féministe, mais qui était une femme d’action, extrêmement généreuse. C’était une femme de partage qui nous a enseigné très tôt à respecter les autres, quel que soit leur milieu social ou leur origine ethnique» , évoque-t-elle.

À noter que pour assister à la conférence de Françoise David, qui aura lieu le samedi 14 avril à 14 h, vous devez vous inscrire en ligne [www.sainte-therese.ca] ou directement à la bibliothèque sise au 150, boulevard du Séminaire.

 

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