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Judith Trudeau, présidente du Syndicat des enseignants et enseignantes du Collège Lionel-Groulx.

Éducation supérieure: Penser le budget autrement qu’en termes de «band-aid»

Pour Marie-Josée Bourget, présidente du Syndicat des chargées et chargés de cours de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), campus de Saint-Jérôme et de Gatineau, Simon Chavarie, vice-président externe du Syndicat des professeures et professeurs du Cégep de Saint-Jérôme, et Judith Trudeau, vice-présidente du Syndicat des enseignantes et enseignants du Collège Lionel-Groulx, un retour à l’équilibre budgétaire n’est pas envisageable pour soutenir l'enseignement collégial et universitaire.

Dans une lettre qu’ils ont cosignée et acheminée au journal, la semaine dernière, les trois représentants syndicaux décrivent en long et en large les difficultés rencontrées par leurs membres, les enseignants en général, au cours de la dernière année vécue, écrivent-ils, «sous le thème de l’adaptation».

«Il faut aller au-delà du ‘band-aid’. Il faut un budget qui prend en compte les services publics et plus particulièrement l’enseignement supérieur. Il faut réinvestir en éducation. Il faut arrêter de ‘patcher’ lorsqu’il y a une crise et réinvestir!», a insisté Judith Trudeau, lors d’une entrevue qu’elle nous a accordée, reconnaissante envers les 25 M$ consentis par Québec, en janvier dernier, pour favoriser la diplomation au collégial. Mais ce n’est pas encore assez.

Bien que cette somme ait fait «une réelle différence», au collège Lionel-Groulx, permettant notamment d’ouvrir davantage de groupes à la session d’hiver, il ne faut pas s’arrêter là plaide Judith Trudeau, solidaire à ses confrères de Saint-Jérôme et de l’UQO.

«Cet argent a permis de donner de l’air à nos enseignants, mais au cégep de Saint-Jérôme, ils ont été beaucoup plus critiques dans la façon de ventiler les sommes reçues, tandis que l’UQO n’a rien eu pour soulager la surcharge de travail».

Il sera tentant pour Éric Girard de présenter un budget austère, ajoute Mme Trudeau, «mais il doit résister!»

Groupes restreints

Le 13 mars 2020 restera une date charnière pour les enseignants collégiaux et universitaires, puisque c’est à ce moment qu’ils et elles ont dû adapter leurs cours conventionnels, en présence, pour les traduire à distance.

«En quelque deux semaines, il fallait revisiter l’ensemble de nos façons de faire», soutiennent les représentants syndicaux, dans leur lettre. Elle ajoute que les enseignants ont fait face à l’anxiété et à la détresse des étudiantes et étudiants, ont vécu l’isolement, ont dû composer avec des connexions Internet aléatoires, en plus d’être compréhensifs, souples et «innovants».

«La solution n’est pas dans l’appareil technologique. Elle est en classe avec des groupes restreints», insiste Judith Trudeau qui ne reçoit que de bons commentaires de ses membres depuis le retour en classe en janvier.

«À date, c’est une bouffée d’air frais pour nos enseignants. Ils enseignent en présentiel, avec des groupes restreints pour respecter les mesures sanitaires. Ils arrivent à faire quelque chose d’intéressant!»

La pandémie a par ailleurs exacerbé des maux déjà présents en éducation supérieure : le décrochage, l’anxiété de la jeune génération face à la performance attendue, les inégalités inhérentes aux conditions de vie des étudiantes et étudiants.

«Pour pallier ces maux, conclut-on dans la lettre, ce ne sont pas des montants à la pièce qu’il faut octroyer lorsque les crises surviennent, mais bien de miser sur un financement stable à la hauteur de l’aspiration que nous avons pour la génération montante.»

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