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Deux poètes émérites de passage aux Quinzaines de la poésie

Michel Goyer

Deux poètes émérites de passage aux Quinzaines de la poésie

Michel Pleau et Martin Thibault

Michel Pleau et Martin Thibault, deux poètes émérites, ont rendu visite aux habitués des Quinzaines de la poésie, qui se tenaient le 17 mai dernier, à la bibliothèque de Saint-Eustache. Il va sans dire que leur présence a ravi les adeptes de l’activité bimensuelle organisée par l’organisme Toulèsarts.

C’est que les deux individus sont bien connus des amoureux de la poésie. Alors que Michel Pleau occupe le poste de Poète du Parlement, à Ottawa, Martin Thibault, lui, est le Poète de la Cité, à Montréal, ce qui vient récompenser un peu leur apport à la poésie québécoise.

En publiant La lenteur du monde, en 2008, Michel Pleau a en effet décroché le Prix du Gouverneur général et a fait l’objet d’un troisième tirage en plus d’être traduit en anglais sous le titre Eternity Taking Its Time. Depuis 20 ans que sa prose se déploie, il a aussi été le lauréat de plusieurs autres concours.

Martin Thibault a publié sept recueils de poésie, deux romans, ainsi qu’un recueil de nouvelles. Sa pièce de théâtre Il poussera des ailes aux perchaudes a été lue sur les ondes de Radio-Canada en 2000. L’Orchestre de chambre I Musici de Montréal vient de lui commander quatre textes pour Les Quatre Saisons de Vivaldi.

Dimanche dernier, les deux jongleurs de mots ont partagé quelques poèmes avec un public médusé, enchanté par la finesse de leur prose portant sur l’amour. Il faut dire que la richesse de leurs jeux de mots n’avait d’égal que la délicatesse de leur sensibilité qu’ils acceptaient ainsi de dénuder.

Plongeant dans ses souvenirs d’enfance révélés dans Le petit livre de l’été, Michel Pleau a dévoilé ses premiers frissonnements amoureux, sa première flamme. Elle s’appelait Nathalie et avait huit ans. «Je me souviens de son visage, de cette première forêt cachée dans l’enfance et de ses lèvres de marguerites qui avancent vers l’inconnu. Peut-on imaginer plus bel éclat que le temps longtemps qui grimpe jusqu’en soi et la mémoire en train de se faire un nid pour la suite possible des choses? […].»

Dans une démarche inversée, Martin Thibault a plutôt choisi de parler d’espoir, au-delà de l’impuissance face à la déchéance, à la mort qui s’approche. Un peu pour rendre hommage à sa mère dont la mémoire s’évanouit. «Nous ferons des millions d’enfants d’un seul coup d’amour, tous ensemble pour remplir les trous de mémoire de l’espace. S’il le faut, nous déchargerons des camions qui débordent de terre noire et de sable fin au bout du monde. Nous ne nous laisserons pas faire par le désespoir et l’étroitesse de l’espace à habiter, par le temps morose […].»

Loin des phrases tout en rimes, des savants jeux de mots à la longueur mesurée, les deux auteurs prouvent que la poésie contemporaine peut se montrer noble, romanesque, sensible, tout en se distançant des formules rigides d’autrefois.

Les deux poètes ont d’ailleurs eu droit à un rappel, manifestation plutôt rare lors de lectures publiques de poésie.

Après leur déclamation, les auteurs se sont livrés à un échange avec le public et en ont profité pour parler de leur mandat respectif de porte-parole d’un art souvent perçu comme vieillot. Alors que Martin Thibault visite régulièrement des jeunes, Michel Pleau se déplace d’une communauté francophone à une autre, partout au Canada. «Je vois un impact et ça démocratise la poésie», assure-t-il.

 

 

 

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