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Photo Benoît Bilodeau – La densification sur le territoire de la MRC de Deux-Montagnes s’est intensifiée au cours des derniers mois, comme ici à Deux-Montagnes. Des regroupements citoyens souhaitent cependant que la façon de faire change.

Des regroupements citoyens préoccupés par les changements climatiques

Alors que la MRC de Deux-Montagnes est à réviser son schéma d’aménagement et de développement, en vue d’une adoption finale d’ici la fin de la présente année, deux regroupements souhaitent faire entendre une voix citoyenne préoccupée par la menace des changements climatiques, par la protection des habitats naturels et des milieux humides existants, mais aussi partisane d’une production locale de fruits et de légumes.

Avec le concours du Mouvement d’action régional en environnement (MARE) Laurentides, le Regroupement écocitoyen de Sainte-Marthe-sur-le-Lac et Regarde citoyen de Sainte-Joseph-du-Lac, représentés par Sylvie Clermont et Denise Proulx, ont ainsi, lors de la récente consultation écrite entourant cette révision, produit un court mémoire afin de faire connaître aux élus de la MRC de Deux-Montagnes leur vision sur la question.

Déçues n’avoir reçu qu’un simple accusé de réception à leur document, Sylvie Clermont et Denise Proulx ont donc voulu interpeller publiquement les élus municipaux pour leur rappeler qu’il leur faut dorénavant voir l’aménagement et le développement de leur territoire d’une toute autre façon.

Revoir la façon de développer le territoire

«Le projet de révision, même s’il comporte quand même de très bons points […] est à notre avis un peu trop axé sur des valeurs économiques, et insuffisamment axé sur [le fait] que nous sommes [plongés] dans les changements climatiques. Aujourd’hui, la question de l’aménagement du territoire doit absolument être vue à travers le filtre constant des changements climatiques. On ne peut plus faire du développement intensif de territoire comme on le fait [actuellement] parce que nous sommes membres de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et que nous devons appliquer le Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD) […] Il faut revoir la façon dont nous allons occuper notre territoire et le développer pour prendre en compte les impacts que cela va nous amener», de faire valoir, en visioconférence, Denise Proulx.

«Il faut sortir de cette vision des 50 dernières années et user de créativité. Il faut être proactif et non subir. Cette vision ne fait plus le temps», de renchérir, pour sa part, Sylvie Clermont.

Des préoccupations diverses

Dans ce mémoire, les deux organismes citoyens écrivent que, dans la partie agricole, «il faut éviter consciencieusement l’étalement urbain de manière à préserver le potentiel nourricier de la partie non-urbanisée de notre territoire et s’assurer d’atteindre les cibles fédérales de 30 % d’habitats naturels préservés». Entre autres, cela signifie à leurs yeux qu’il faut considérer la partie agricole située en zone «blanche» au sud de l’autoroute 640 comme un territoire à protéger au même titre que la zone «verte». «Au lieu de considérer ces terres comme un potentiel de développement résidentiel, il faut conserver leur valeur nourricière», fait-on valoir.

En visioconférence, Mmes Proulx et Clermont ajoutent que la MRC de Deux-Montagnes devrait adhérer, comme d’autres ailleurs au Québec, au concept de «MRC nourricière» en développant une production alimentaire locale à petite échelle d’abord destinée à nourrir la population de son territoire.

En ce qui a trait aux milieux naturels et sensibles, leur protection demeure vitale, soutiennent les deux organismes. «Nous considérons essentiel de mettre en œuvre des actions pour atteindre un minimum de 17 % d’habitats naturels préservés et l’objectif visé de 30 % pour 2030 de manière à préserver les services écosystémiques rendus par ces derniers. D’un côté, il est nécessaire de conserver les espaces naturels restants et de ne pas en diminuer la superficie à l’échelle de la MRC, qui est déjà en dessous des cibles dans les secteurs urbanisés», peut-on lire dans le mémoire.

Aussi, aux yeux des deux organismes, la mise en place d’actions concrètes pour favoriser l’implantation d’espaces verts en zone urbaine s’avère nécessaire. On parle ici de verdissement des propriétés privées et des parcs, de plantation de mini-forêts sur tous les terrains vacants et disponibles, de création de jardins collectifs, de création de forêts nourricières, de toits et murs verts, de verdissement des stationnements, de petits jardins en façade des résidences et de «toutes autres solutions qui naîtront de la créativité populaire».

Des citoyens, des partenaires

Enfin, les deux organismes croient fermement que la MRC doit exiger des sept municipalités qui la composent qu’elles adoptent une réglementation municipale rigoureuse afin «d’encadrer la totalité du développement immobilier sur son territoire de manière à ce que l’aménagement du territoire soit dirigé par les municipalités et les citoyens, et non pas par les promoteurs immobiliers».

«On espère que les élus vont lire notre document et le prendre en considération. Et qu’ils vont reconnaître qu’ils ont une responsabilité face aux changements climatiques. Nous, les regroupements de la région, ne cesseront pas de continuer de porter ce message de vie et d’espoir. Nous avons une fenêtre de 10 ans pour réagir. C’est tout un Titanic à revirer de bord. Mais nous n’avons pas le choix; l’iceberg à éviter va apparaître plus rapidement que prévu», de conclure Denise Proulx et Sylve Clermont qui souhaitent que les citoyens préoccupés par les changements climatiques soient vus par les élus municipaux comme des «partenaires» à qui il faut aussi donner la parole, et non des «empêcheurs de tourner en rond».

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