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Des arbres «sauvagement» abattus par le MAPAQ

Roland Guindon estime qu’il aurait fallu couper seulement la partie supérieure des arbres touchés par la brûlure bactérienne

Des arbres «sauvagement» abattus par le MAPAQ

Pomiculteur atterré à Saint‑Joseph‑du‑Lac

Roland Guindon, un pomiculteur de Saint-Joseph-du-Lac, est en colère. La visite des agents du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) lui a récemment coûté un nombre important de pommiers.

En entrevue mardi dernier, le pomiculteur bien connu pour son franc‑parler dans le milieu des producteurs de pommes s’est confié sur l’intervention du MAPAQ qu’il considère comme une grave erreur.

Depuis quelques années, une maladie touche de plus en plus de propriétaires de vergers, celle de la brûlure bactérienne qui brûle les feuilles, puis les branches des pommiers. Comme cette bactérie se répand facilement, le MAPAQ oblige les pomiculteurs à agir. L’an dernier, leur consigne consistait à brûler les arbres qui en révélaient des traces.

Après la visite de l’inspecteur du MAPAQ Joceline Brochu, au printemps 2012, M. Guindon a ainsi reçu l’ordre de brûler ses arbres rongés par ladite bactérie. Or, celui‑ci, un homme à la longue expérience, se doutait que cette approche aurait plutôt pour effet de répandre la bactérie sur un plus large territoire au moindre vent. Il a donc arrosé sa plantation avec sa propre recette: un peu de bicarbonate de soude mélangé à de l’eau de Javel. Selon lui, cela a neutralisé la bactérie. Il a aussi arraché à la main la partie des branches infectée.

En septembre, le MAPAQ est revenu, puis a marqué les arbres encore atteints de la maladie, exigeant que M. Guindon remédie à la situation en les brûlant.

En mai dernier, l’agent du MAPAQ est revenu voir M. Guindon pour s’assurer qu’il avait bien fait ses devoirs. Or, ce dernier venait de pulvériser des insecticides et comme les arbres n’étaient pas encore secs, par mesure de précaution, il a refusé que l’agent se rende sur le terrain, allant jusqu’à la reconduire à l’entrée du terrain.

Le 23 juillet dernier, l’agent Brochu lui a laissé un message sur le répondeur téléphonique l’avisant qu’elle repasserait le lendemain pour inspecter la plantation, sans autres détails. Mais voilà que le 24 juillet, elle se pointe avec deux émondeurs et escortée de deux autos-patrouille du Service de police régional de Deux-Montagnes dans l’intention de faire abattre les arbres marqués l’automne précédent.

Inquiet, le pomiculteur propose aux policiers d’aller leur montrer l’état de ses pommiers qu’il juge bien soignés. En revenant des champs, agacé par la surveillance des policiers, M. Guindon décide de leur échapper, s’enferme dans son garage pour en ressortir par une autre porte, puis grimpe sur son tracteur pour retourner sur la plantation.

S’ensuit alors une altercation avec les agents de l’ordre. Selon le récit de M. Guindon, l’un des policiers se montre tout à coup plus menaçant pour que le pomiculteur le laisse entrer et brise la vitre du tracteur. M. Guindon lui tient tête en lui montrant à son tour un marteau et résiste aux deux policiers qui tentent de le lui enlever.

À la suite de cette altercation, les policiers arrêtent M. Guindon et l’emmènent au poste de police. Le pomiculteur n’en sortira que plusieurs heures plus tard et sans savoir si des charges pèsent sur lui.

M. Guindon est évidemment atterré par toute cette mésaventure, mais surtout par la cinquantaine d’arbres dont on vient de le priver. «Quand j’ai vu tous ces arbres abattus, les deux jambes m’ont barré. C’est 20 ans de travail perdu, surtout que les pommes étaient prêtes à être cueillies», affirme‑t‑il encore sous le choc.

Le pomiculteur se sent brimé, floué. Ce verger, qui lui vient de ses ancêtres, c’est toute sa vie. À 70 ans, il y travaille encore d’arrache‑pied. «Ils ont détruit mes arbres sans regarder. Il suffisait pourtant d’arracher seulement la partie de branches brûlée», déplore‑t‑il, en faisant visiter son territoire.

M. Guindon tient à dénoncer la pratique du MAPAQ qu’il juge anormale, abusive et sauvage. Selon lui, quatre producteurs de la Rive‑Sud et un autre sur la Rive‑Nord auraient également eu maille à partir avec les agents du ministère pour le même genre de situation.

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