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Charette sondera ses électeurs

Photo Yves Déry - «Avoir su, j’aurais démissionné il y a trois mois», a indiqué Benoit Charette, maintenant député indépendant.

Charette sondera ses électeurs

Concernant son avenir politique

Le député de Deux-Montagnes, Benoit Charette, qui siège maintenant comme indépendant à l’Assemblée nationale du Québec, demeure souverainiste malgré le fait qu’il ait quitté le Parti québécois (PQ), plus tôt cette semaine.

En point de presse, mardi soir dernier, dans son bureau de circonscription, Benoit Charette est revenu sur les motivations qui ont mené à sa décision et, surtout, sur les conséquences de son geste d’un point de vue local. Souvent, au cours de l’entrevue, M. Charette a mentionné la nécessité d’une trêve, d’une pause sur l’application de la souveraineté «à tout prix et tout de suite – maintenant».

Sans la menace référendaire, les gens qui partagent les opinions du PQ en matière d’environnement, d’éthique et de ressources naturelles, par exemple, mais sans être souverainistes, auraient eu l’occasion de soutenir le parti au cours des prochaines élections, estime-t-il, mais il a senti que sa position n’obtenait pas d’appui.

Sur un plan plus local, Benoit Charette annonce qu’il a coupé les ponts avec l’exécutif du PQ de Deux-Montagnes. En tant que député indépendant, il n’a pas l’obligation de se doter d’un exécutif. Et qu’en est-il des électeurs de la circonscription, majoritairement péquistes, qui l’ont porté au pouvoir? Le nouveau député indépendant entend tenir une série de «portes ouvertes» à son bureau à compter de la mi-août ou de la fin août. «Autant ceux qui sont ravis que ceux qui sont frustrés pourront s’exprimer», a-t-il dit. Il est bien évident qu’il ne pourra pas sonder les 47 000 électeurs qui l’ont élu. «Par contre, si à travers ma démarche, je me rends compte qu’il n’y a plus d’appui, il est possible que je quitte mon siège», a-t-il déclaré.

En fait, au moment d’annoncer sa décision de quitter les rangs du PQ, Benoit Charette a vu trois choix s’offrir à lui: quitter ses fonctions, siéger indépendant jusqu’à la fin de son mandat et tenter sa chance à ce titre au déclenchement des prochaines élections – il le dit lui-même, ses chances d’être alors réélus sont nulles – ou bien joindre les rangs d’une autre formation politique. S’il n’est pas question, pour l’instant, de se joindre au mouvement de François Legault, il «ne ferme pas la porte à la coalition». Il annoncera ses couleurs à l’automne prochain, une fois sa réflexion faite. Au cours de l’entrevue, il a soutenu «avoir senti», chez la population en général et même parmi les membres de longue date du PQ de sa circonscription, «une réflexion quant à la création d’un nouveau parti politique».

Benoit Charette l’admet, il n’a pas annoncé sa décision dans le meilleur des contextes, alors que quatre autres députés ont claqué la porte du PQ au cours des dernières semaines: «En mars dernier, j’avais songé à quitter, mais j’avais voulu repousser (l’annonce de sa décision) à l’été. Avoir su, j’aurais démissionné il y a trois mois.»

Par contre, son geste ne doit pas être perçu comme un appui aux autres démissionnaires: il le répète, l’engagement de tenir un référendum coûte que coûte au cours d’un premier mandat n’est pas souhaitable et il reste convaincu que Pauline Marois demeure la meilleure chef pour le PQ – elle a mis fin au déclin du vote péquiste qui est observé depuis 1994. «Je ne veux pas être perçu comme celui qui cogne le clou», a-t-il souligné.

 

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