- PUBLICITÉ -

Photo Christian Asselin – Le grand chef du Conseil mohawk de Kanesatake, Serge Otsi Simon.

Centres d’enfouissement illégaux à Kanesatake: à qui la faute?

En entrevue avec L’ÉVEIL, la semaine dernière, relativement à la poursuite qu’a récemment intentée Kanesatake contre Oka et la province de Québec pour faire annuler le règlement voté à Oka et visant à protéger la pinède, le grand chef Serge Otsi Simon a fait bifurquer la conversation vers les centres d’enfouissement illégaux auxquels on accuse souvent sa population de souscrire. Il n’en est rien, a-t-il insisté.

«Voyons donc! La majorité de ma communauté ne veut pas voir ça! Ce que le maire d’Oka néglige d’identifier c’est la négligence du gouvernement fédéral qui ne nous a pas offert les outils de gouvernance dont on aurait besoin».

Selon Serge Otsi Simon, ce dont a besoin Kanesatake pour faire appliquer les lois, c’est de son propre service de police.

«Ce qu’il nous faut, c’est un corps policier autochtone pour nous aider à faire appliquer nos lois et aussi des officiers environnementaux pour empêcher les camions du Québec d’entrer chez nous et d’enfouir là où ils veulent! Il n’y a pas que chez G&R, c’est partout dans ma communauté!»

Déjà, en 2018, Serge Otsi Simon lançait un appel à l’aide en envoyant, par le biais de L’ÉVEIL, un message clair aux camionneurs qui se présentent sur son territoire pour décharger le contenu de leurs bennes: «Vous n’avez pas d’affaires ici!», disait-il.

Ça ne date pas d’hier

Depuis neuf ans maintenant que le grand chef Simon se bat pour que cessent ces va-et-vient de camions à Kanesatake. Ils y viennent pour disposer de leurs débris de construction, au rabais et «illégalement».

«Des fois, il y a 30 camions en ligne qui attendent pour aller ‘domper’ leur sol contaminé! On a même vu des 100 voyages par jour à l’occasion. Ces entreprises ne veulent pas payer le gros prix pour le faire légalement», d’insister le grand chef mohawk, outré.

«Ces camions-là rentrent chez nous et Environnement Québec ignore toujours. Ces camions viennent de votre société! Arrêtez-les! Mais on me répond que ce sont les propriétaires des terrains qui sont les responsables».

Serge Otsi Simon est d’avis qu’il faille changer la loi et que ce sont les compagnies de transport qui devraient être tenues responsables.

«Les camionneurs le savent qu’ils n’ont pas le droit de déverser leurs matériaux de construction contaminés près d’un ruisseau ou d’un lac. Mais, il leur en coûte 200 $ le voyage pour déverser cela dans un site approprié. Ils préfèrent donner 100 $ à un membre de la communauté. Imaginez-vous comment ils sauvent! Mais personne ne fait rien! Voyons donc!»

Nous avons tenté de joindre le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques afin de connaître sa position sur la question. Au moment d’aller sous presse, on n’avait toujours pas répondu à nos questions.

ÉCOUTER NOTRE BALADO AVEC LE GRAND CHEF SERGE OTSI SIMON

- PUBLICITÉ -

La dernière édition

- PUBLICITÉ -
Top