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Réfléchir au Sommet

Réfléchir au Sommet

Ainsi, les pontes de notre hockey se réuniront en août prochain dans un think tank, pompeusement baptisé Sommet du hockey québécois, d’où émaneront probablement toutes les solutions aux supposés problèmes de notre hockey provincial. S’il ne faut pas s’étonner de la ronflante appellation de «Sommet» de la part de gens pour qui la lettre A n’est plus suffisante pour désigner tout le talent qu’elle a à gérer, il est à se demander si la situation est aussi dramatique qu’on le dit.

Il est où le problème? Est-ce qu’une province de 8 millions d’habitants devrait constituer le bassin exclusif des 30 équipes de la LNH? Ces équipes ne puisent-elles pas leurs joueurs dans le reste du Canada (25 millions d’habitants hors Québec), aux États-Unis (305 millions, pas tous intéressés au hockey, je le concède) et parmi tous ces États européens où le hockey est pratiqué depuis bien plus d’années qu’on ait pu se l’imaginer avant la Série du siècle de 1972? C’est sans doute cette guerre sur glace contre les gros méchants Russes et leur système de formation des joueurs qui a déclenché chez nous ce doute et ce soudain besoin d’être les meilleurs au monde. On a même poussé le paradoxe jusqu’à imiter ce système pourtant décrié à l’époque. Imaginez, prendre des enfants au berceau ou presque, les enrôler dans l’armée et en faire des joueurs de hockey dirigés par des fonctionnaires communistes. N’y a-t-il pas un parallèle avec Hockey Québec (la défunte FHGQ) avec ses dirigeants permanents, ses entraîneurs gradés et ses équipes élites à partir des catégories novices et peut-être même plus jeunes? Farfelu? Voyons un peu le menu de ce fameux Sommet.

À l’ordre du jour, le développement des joueurs en bas âge, le développement à l’intérieur des programmes d’excellence, la sécurité au hockey ainsi que le recrutement et la rétention des joueurs. On dit que «Hockey Québec a bien cerné les enjeux, amélioré l’encadrement des jeunes joueurs, mais il faudra poursuivre la progression et explorer de nouvelles idées.» Développement de joueurs en bas âge, excellence, recrutement, rétention, enjeux, encadrement, progression, mais parle-t-on ici d’un sport, d’un passe-temps épanouissant pour ceux qui le pratiquent ou d’un business? Et d’un business qui, comme tout business, n’a pour préoccupation que de faire bien paraître ses dirigeants? Car, à part la sécurité des joueurs, lequel de ces sujets place le joueur au centre des discussions?

Pour dire vrai, le commun des mortels se fout bien que deux ou douze Québécois soient repêchés en première ronde de l’encan annuel de la LNH. Le vrai problème, c’est que la grogne populaire voudrait un Tricolore strictement francophone et ça n’arrivera pas, peu importe les efforts de Hockey Québec d’enrégimenter tout ce qu’il y a de talent local. Le repêchage universel, les agents libres et la mondialisation du hockey vont faire en sorte que neuf Québécois sur dix évolueront ailleurs qu’à Montréal. D’ailleurs, le DG du CH, Pierre Gauthier, a dit à propos de ce Sommet: «Ce n’est pas une occasion pour faire avancer nos objectifs.» Et ces objectifs sont, croyez-moi, bien autres que de garnir de francophones les rangs de son équipe. En affaires, l’important n’est pas de participer mais bien de gagner, peu importe la race, la langue ou la couleur.

Que le fameux Sommet se penche plutôt sur comment ramener un peu de fun dans ce sport et peut-être assisterons-nous à l’éclosion d’autres Richard, Béliveau, Perrault, Dionne et Lafleur, des talents nés et développés bien avant qu’on discute excellence, encadrement et enjeux.

 

 

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