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Jonathan qui?

Jonathan qui?

Les amateurs qui suivent le hockey professionnel et amateur ne tarderont pas à découvrir l’identité du jeune homme dont je veux ici vous entretenir. À sa deuxième saison seulement dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), il vient de jouer un rôle prépondérant dans la conquête de la Coupe du Président et de la coupe Memorial par les Sea Dogs de Saint John. Celui qui a terminé au troisième rang des meilleurs marqueurs du circuit québécois en saison régulière a hérité notamment du titre du joueur par excellence lors du tournoi de la Coupe Memorial.

Éligible à la prochaine séance de repêchage de la Ligue nationale de hockey, il va sans dire que ce hockeyeur très talentueux de 6 pieds 1 pouce et 171 livres fait saliver plusieurs directeurs-gérants et risque même de s’avérer le premier Québécois réclamé devant Sean Couturier en première ronde.

Pourtant, avant de faire le saut dans le midget AAA avec les Vikings de Saint-Eustache en provenance du bantam BB de Saint-Jérôme, il n’avait jamais joué auparavant dans les rangs AA. Tenant mordicus durant l’hiver à séjourner en vacances en famille dans le Sud, les parents avisaient donc les entraîneurs AA que s’ils décidaient de prendre leur fils, il raterait quelques semaines de hockey pendant le cours de la saison.

Plusieurs auront reconnu que je parle de Jonathan Huberdeau. Son cheminement a de quoi faire réfléchir. Quand un jeune athlète est doté d’un talent particulier et, par surcroît, qu’il a une bonne éthique au niveau de l’attitude, du travail et de l’entraînement, il incarne la preuve que, tôt ou tard, quelqu’un le remarquera.

Pourtant, combien d’épisodes regrettables ont été vécus au hockey en raison de cette quête d’élitisme à tout prix. Entre autres, pendant un certain temps à Laval, sans trop de retenue, certains parents subissaient des menaces de voir leurs jeunes se retrouver sur la voie d’évitement, s’ils refusaient d’évoluer dans le hockey AAA durant l’été.

Il y a eu aussi plusieurs de ces organisations de hockey AA qui, au détriment du développement, tenaient tellement à gagner qu’il leur arrivait à maintes reprises de réduire le temps de glace des moins productifs en se fiant à l’évaluation des dirigeants.

Il ne faut pas se cacher la tête dans le sable. Des situations similaires surviennent encore de nos jours. Par contre, ce n’est pas non plus juste au hockey que cela arrive.

Sans être personnellement contre le côté élite, bien au contraire, il y a cependant lieu parfois de modérer nos ardeurs comme parents pour soi-disant contribuer à l’évolution de nos rejetons dans la pratique sportive.

Entre autres, mon poil se dresse sur ma peau quand j’entends des parents dire qu’ils ne peuvent pas refuser à leurs enfants de continuer à jouer au hockey durant l’été sur une base régulière, sous simple prétexte qu’ils aiment cela.

Je regrette, mais les parents doivent avoir le gros bout du bâton et non le contraire. De ne jamais dire non ou presque à son enfant et de l’inscrire dans différents programmes dans le but qu’il s’améliore le plus rapidement possible peut avoir des effets très pervers. En plus de la pression ressentie, du surentraînement et du risque accru de blessures, on assiste souvent, après quelques années de pratique intensive dans la même discipline, à un désintéressement du jeune envers son sport. Vraiment, l’histoire de Jonathan Huberdeau a de quoi nous interpeller comme parents.

 

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