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Espoir

Espoir

J’aurais pu attendre de connaître l’issue du match de lundi, mais ça n’aurait rien changé à mon propos. Bien sûr que comme tous les partisans, j’entretiens l’espoir de voir nos Canadiens battre les Big Bad Bruins, et en quatre parties si possible. Bien sûr aussi que je faisais partie du groupe des sceptiques à l’aube de cette série huitième de finale. Je ne sais pas comment s’est terminé le match de lundi, ni ne connais l’issue de cette série, mais ce n’est pas du triomphe possible que me vient cet espoir, mais plutôt du comment de ces deux premières victoires.

On s’entend que les deux dernières défaites contre Boston en saison régulière, 8-6 à coups de poings et 7-0 sans appel, n’avaient rien pour hausser le niveau de confiance chez les partisans. On voyait déjà les méchants oursons de Boston chasser les agneaux tricolores de la patinoire à coups de rudes mises en échec, de charges sur le gardien sinon à coup d’humiliantes dégelées aux poings et aux points. Mais au cours de ces deux premiers matchs, gagnés par nos Glorieux sur l’hostile patinoire bostonienne, rien de cela ne s’est produit. Pourquoi?

Ma réponse est à la fois simple et naïve. Les Canadiens de Montréal, détenteurs vingt-quatre fois de la coupe Stanley, se sont mis à jouer au hockey, tel qu’il devrait être pratiqué, avec fougue et hargne, sans rudesse excessive, tout en finesse et rapidité avec comme complément un cerbère intraitable. Au cours de ces deux premiers matchs, la rapidité du CH et sa discipline ont complètement dérouté les intimidants Bruins. À quoi servent les charges sur les défenseurs si la rondelle est déjà rendue sur le bâton de son partenaire ou, mieux encore, celui d’un attaquant? Les arrière-gardes montréalais ont jusqu’ici habilement manœuvré tout en prévenant les mises en échec et en effectuant un solide travail de nettoyage devant le filet et de blocage de tirs ennemis. Et côté discipline, il suffit de voir comment l’ineffable P.K. a évité toute réplique aux mises en échec et coups par derrière servis devant le filet pour comprendre que les Bruins frappent à la mauvaise porte. Et que dire de Price sinon que ses arrêts plongent les tireurs d’élite adverses dans le plus grand doute.

En zone ennemie, les attaquants ont enfin compris que foncer au filet ne signifie pas défoncer le gardien, mais de se mettre en position de capter un retour de lancer. Les Canadiens ont marqué trois de leurs cinq buts de cette façon. Steve Shutt (il a déjà marqué 60 buts en une saison) et Yvon Lambert ont bâti leurs réputations en se postant opportunément à l’embouchure du filet. Et que dire de l’échec avant, plus particulièrement celui pratiqué par Tomas Plekanec. À regarder cette teigne de moins de 200 livres livrer bataille le long des rampes à des adversaires beaucoup plus costauds, à le voir remporter plus que sa part de mises au jeu, à écouler le temps en désavantage numérique et par sa rapidité à forcer les défenseurs ennemis à la prudence, on comprend pourquoi il est parvenu à faire perdre patience au gros Chara, un très bon gars qui a failli décapiter Max Pacioretty, sans faire exprès ni vouloir le blesser. C’est ce même bon gars qui était à genoux à marteler Plekanec en fin de premier match. S’y serait-il déshydraté?

Gagne ou perd, ces deux premières victoires m’ont démontré que les gros bras, la rudesse et l’intimidation ne suffisent pas pour gagner des championnats. Il y a de l’espoir, mais reste à voir si la suite me donnera raison…

 

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