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Croire en son potentiel et garder l’équilibre

Photo Benoît Bilodeau - Francis Charron, président de Bâtimo.

Croire en son potentiel et garder l’équilibre

Francis Charron, président de Bâtimo

Doubler sa 6e année, puis ses mathématiques en 3e secondaire, voilà qui, peut-être, n’augure pas bien pour l’avenir. Mais, dans le cas de Francis Charron, président de Bâtiment et vice-président de EMD Construction, ces embûches ne l’auront finalement pas freiné. Tout cela grâce à une enseignante…

Né en 1972 à Laval-des-Rapides, Francis Charron a connu un parcours scolaire pas très évident pour parvenir là où il est rendu, à titre de développeur et de promoteur immobilier. Il est aujourd’hui la tête de 85 entreprises regroupant 480 employés, dont 95 œuvrent pour Bâtimo. Il possède aussi actuellement un carnet de commandes se chiffrant à 1,5 milliard de dollars.

Un parcours atypique

«Moi, la vie a commencé par un parcours assez atypique» , reconnaît, d’entrée de jeu le principal intéressé. «En 6e année, j’ai doublé lorsque mes parents se sont séparés. J’ai doublé mes mathématiques en 3e secondaire. Pour moi, l’école était un mal nécessaire. J’étais un décrocheur en devenir, à très haut potentiel. Puis, un jour, une enseignante m’a demandé si je voulais rester après l’école pour m’expliquer un peu les mathématiques. Et elle m’a dit que j’avais un bon potentiel non exploité» , de raconter celui qui réussira finalement ses mathématiques.

Après avoir terminé son secondaire, il se demande ce qu’il va faire de sa vie. Sa première idée est d’être militaire, précisément pilote de chasse, mais les coupures dans les forces armées canadiennes le forcent à réorienter son tir. Il décide donc de s’inscrire au Collège Montmorency, à Laval, en techniques de génie civil. Il est d’abord refusé, mais complètera, les préalables manquants – physique et mathématiques – et sera accepté l’année suivante, en 1992

«J’ai découvert à ce moment quelque chose de très intéressant. Quand tu es motivé par une matière, tu mets les efforts nécessaires. En somme, plus tu mets des efforts, plus tu as de résultats. Et plus tu as de résultats, plus tu es encouragé à mettre des efforts. Et là, la roue est partie» , de dire Francis Charron.

Tout en étant étudiant à temps plein, il travaille à temps plein au Club Price, devenu Costco. Son DEC en poche, il s’inscrit à l’École de technologie supérieure pour devenir ingénieur en génie de la construction. Trois stages suivront, dont deux déterminants avec Club Price. Par après, en 1999, il est engagé comme gérant de projets pour l’est du Canada pour Costco. C’est à cet endroit, où, grâce à son patron Gilles Guillemet et son mentor Roger Plamondon, qu’il aura l’occasion de prendre véritablement son envol et développer ses capacités.

Des échecs, et puis le succès

Puis, en 2001, après le déménagement du bureau régional de Costco de Laval vers Ottawa, il fonde, avec la prime de départ qu’il obtient, EMD Construction avec Marc Dubuc. Leurs deux femmes sont des amies d’enfance, et c’est de façon que les futurs associés feront connaissance pour graduellement en venir à partir cette nouvelle entreprise.

«On a commencé dans le sous-sol de Marc. Nous avons élaboré un plan d’affaires sur cinq ans. On s’est fait traiter de rêveurs. Après cinq ans, on avait quadruplé nos projections, dans le créneau que nous avions développé dans les garderies» , relate-t-il.

En 2006, toujours en association avec Marc Dubuc, c’est la fondation de Bâtimo, une entreprise qui sera davantage un «développeur» et un opérateur de projets. Les deux premiers mis de l’avant sont cependant un échec, avec des pertes cumulées de 4,2 M$, mais lorsque les deux associés dénichent, en 2009, ce fameux site industriel à l’arrière de l’Hôpital de Saint-Eustache, en lequel ils voient beaucoup de potentiel, le vent tourne véritablement.

«On avait vu le besoin criant au niveau des personnes âgées de la région. On a développé le Carrefour interrégional des générations qui comprend L’Unique, une résidence pour retraités autonomes, la Polyclinique médicale qui offre les services et Les Monarques, une résidence pour personnes âgées en perte d’autonomie» , dit-il.

Les projets à succès vont se succéder, grâce à des partenariats stratégiques et le dernier en ligne en est un majeur. Il s’agit d’une tour de 325 unités de logement et de 23 condos de luxe pour personnes retraitées, haute de 38 étages, qui sera construite à Montréal, à l’intersection de l’avenue Atwater et du boulevard René-Lévesque.

Redonner à la communauté

Ce succès ne lui fait cependant pas oublier de redonner à la communauté. Il accepte volontiers, soit à tire de président d’honneur ou de commanditaires, de supporter plusieurs causes dans la région, notamment celles de l’Académie Lafontaine, La Comédie Humaine et de la Fondation Hôpital Saint-Eustache, sans oublier l’organisme Persévérons ensemble dont il est l’instigateur et qui œuvre dans la persévérance scolaire.

«Oui, je suis fier de ma vie professionnelle, mais je suis encore beaucoup plus fier d’avoir ma réussi ma vie de famille avec la même femme que j’aime éperdument encore après 29 ans et deux enfants merveilleux» , d’indiquer l’entrepreneur qui, à l’aube de ses 46 ans, a, on s’en doutera, encore beaucoup de projets à mener d’ici les 10 à 15 prochaines années.

«L’important, c’est de savoir garder l’équilibre. C’est facile de se perdre en affaires au niveau de la famille. Et il faut toujours avoir du plaisir dans ce qu’on fait. On travaille fort, oui, mais la prémisse de base, c’est d’avoir du plaisir. Quand on fait notre travail avec plaisir, quand on a du fun, c’est moins dur de mettre les énergies nécessaires» , de conclure Francis Charron.

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