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Les origines de la Grande-Côte

(Photo Michel Chartrand) - L’historien Jonathan Lemire.

Les origines de la Grande-Côte

Conférence de l’historien Jonathan Lemire

Lors d’une soirée organisée par le Comité de revitalisation de la route 344, de la Ville de Saint-Eustache, à la mi-mars dernier, devant une salle comble à l’église Christ-Roi, l’historien Jonathan Lemire a retracé l’histoire du chemin de la Grande-Côte.

Il a tout d’abord commencé par mettre en contexte les origines de la Grande-Côte, intimement liées aux origines de la seigneurie. Alors que 1608, 1634 et 1642 correspondent à: fondation de Québec, de Trois-Rivières et de Montréal, le premier seigneur des Mille-Îles arrive en fonction en 1683. Il s’agit de Michel-Sidrac Du Gué de Boisbriand.

Jonathan Lemire explique que le terme grande côte signifie «côte principale». «C’est la première côte, celle à partir de laquelle toutes les autres se mesurent.»

Il souligne que les premiers notaires à desservir la région ne l’appellent pas sous ce nom, mais comme terres de la rivière Jésus, chemin de front de la seigneurie ou chemin Saint-Eustache.

Les 11 et 17 décembre 1729, «les cinq premières terres à être concédées par Marie-Thérèse et Charlotte-Élizabeth Du Gué, filles de Michel-Sidrac, sont sur la Grande-Côte», dit l’historien. Elles sont concédées à Jean-Baptiste Delage, Pierre Masson, François Masson, Étienne Dubois et Jean-Baptiste Dubois. «Leurs lopins de terre s’étendaient alors, de l’actuelle rue des Mille-Îles, jusqu’à la 21e Avenue, précise-t-il. Puis, d’autres concessions auront lieu en 1739, sur le chemin de la Grande-Côte, dans la seigneurie de la Rivière-du-Chêne.»

Les 50 premières années, il n’y a aucun chemin officiel. «La seule voie de communication est la rivière des Mille Îles, dit Jonathan Lemire. Les gens de Montréal viennent à Saint-Eustache en passant par les rapides de Lachine, par Pointe-Claire, Sainte-Anne-de-Bellevue, puis le lac des Deux Montagnes.» Les premiers colons à s’établir sur le chemin de la Grande-Côte proviennent entre autres de l’Île Jésus, Terrebonne, Lachenaie et Mille-Îles. Le nom de quelques-uns d’entre eux: Brouillet, Chapleau, Dubois, Masson et Rochon. «En 1790, le grand voyer du district de Montréal, René-Amable Boucher de Boucherville, qui a la charge des chemins publics, ordonne qu’un chemin de front soit ouvert tout le long de la seigneurie, poursuit l’historien. Les terres sont désormais reliées entre elles.» La vie s’organise de plus en plus.

La rue Saint-Louis

La rue Saint-Louis porte, au XVIIIe siècle, le nom de chemin de front de la seigneurie des Mille-Îles. «Son nom tire son origine du seigneur Eustache-Louis Lambert-Dumont (1736-1807), dit-il. La rue est appelée côte Saint-Rémi au début du XIXe siècle en l’honneur du notaire Pierre-Rémy Gagnier. Après, elle est mieux connue sous le nom de côte du Lac. Il s’agit du chemin qui relie le village de Saint-Eustache à la Mission du Lac des Deux Montagnes, à Oka.»

Des recensements qui ont lieu entre 1831 et 1842 font état de la présence de plusieurs résidants qui portent les noms de Aubé, Beauchamp et Guindon, la plupart étant des cultivateurs. Difficile de passer par-dessus la célèbre bataille des patriotes. Jonathan Lemire rappelle des prisonniers patriotes qui étaient originaires de la Grande-Côte. Jean-Baptiste Bélanger, Paul Desjardins, Bertrand Guérin et Magloire Guindon sont du nombre.

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