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Deux méthodes bien différentes d’interprétation musicale

Danielle Pilon donnant son cours de chant classique à la jeune Laurence Jutras.

Deux méthodes bien différentes d’interprétation musicale

Chant populaire et chant classique

Avec l’apparition des nombreuses émissions mettant en valeur les talents artistiques et les concours de chant télévisé, le chant populaire a pris de plus en plus de place dans le visage culturel québécois, faisant, du même coup, un peu d’ombre au chant classique.

Un constat qu’a fait Danielle Pilon, professeure de chant depuis 15 ans dans la région. «Quand les gens viennent me voir, c’est pour chanter du populaire. Avec les concours et tout le reste, il y a eu une augmentation de cette demande», explique, en entrevue, celle qui a recommencé à donner des cours de chant classique, sa formation de base.

Le chant classique et le chant populaire sont deux méthodes bien différentes d’interprétation musicale. Si dans les deux cas, le souffle est primordial, c’est la façon de l’utiliser qui diffère.

Au niveau du classique, il n’y a pas de micro et bien souvent, les artistes performent dans de grandes salles avec des musiciens. La voix doit donc passer par-dessus le tout pour se rendre jusqu’au fond de la salle. L’air passe alors tout le long de la colonne d’air, de bas en haut comme une ligne. «Il y a une utilisation maximale du souffle, c’est plus exigeant», souligne Mme Pilon.

Pour le chant populaire, le micro est souvent utilisé et permet une certaine intimité, explique la professeure de chant. La voix utilisée est celle qui se situe en poitrine et qui ressemble à la voix parlée, elle est parfois mixée avec la voix de tête. Dans ce cas-ci, le souffle est plus ciblé, plutôt que de voyager comme une ligne, il est plus large au niveau de la cage thoracique. C’est au niveau de la technique de souffle que ce type de chant est exigeant afin que l’artiste ne s’épuise pas, soir après soir.

Les différences sont aussi visibles dans l’interprétation musicale et dans la transmission des émotions. Un cadre plus rigide entoure le classique. «On ne change pas un Mozart ou un Bach», souligne Mme Pilon, ni même les personnages ou les tonalités des rôles. Les émotions sont beaucoup plus théâtrales. «Il faut aussi être un bon acteur et respecter le cadre musical. Le classique est très exigeant. Il ne s’agit pas seulement de talent, cela prend du travail», ajoute-t-elle.

Contrairement au classique, il est souhaitable de sortir de la partition en populaire afin de personnaliser la chanson. «Toutes les couleurs sont permises, il suffit d’assumer sans se blesser et de savoir ce que tu fais avec musicalité», spécifie la professeure de chant. Tout peut changer, la tonalité, le style, le rythme, les notes, ce qui laisse beaucoup de place à la créativité. Selon Danielle Pilon, cela en fait également une méthode plus complexe à enseigner.

Elle souligne également qu’il est possible de déceler rapidement si une voix est davantage classique ou populaire. Il est toujours faisable de la travailler pour chanter l’un ou l’autre, mais cela restera toujours plus simple avec la prédominance de la voix.

«Une voix, ça se travaille, rien n’arrive tout de suite. Ça prend aussi une justesse et le sens du rythme, le talent comme la musicalité, ça se développe, mais la capacité de se servir de la musique pour exprimer les émotions doit être présente», termine-t-elle.

 

 

 

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