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Bibliothèque de Deux-Montagnes: Kim Thuy

La très loquace Kim Thuy a séduit le public rassemblé à la bibliothèque de Deux-Montagnes.

Bibliothèque de Deux-Montagnes: Kim Thuy, à cœur ouvert

Chaque six mois, le Club de lecture de la bibliothèque de Deux-Montagnes invite un écrivain de renom à donner une conférence. Le 11 novembre, c’est donc Kim Thuy, l’auteure du best-seller Ru, paru en 2009, qui s’est pliée à l’exercice dans une salle copieusement garnie.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’auditoire a été conquis par la prestation de la romancière d’origine vietnamienne. On savait que le Québec comptait de nombreux humoristes, mais on ignorait que Kim Thuy en faisait partie. Son intervention pétillante et imagée n’aura été qu’une succession de fous rires communicatifs.

Elle s’est livrée sans retenue et sans fausse pudeur. Son «overdose» de sirop d’érable, la rencontre avec son mari et leurs premiers pas dans leur belle-famille respective, son parcours universitaire et professionnel chaotique, ses tournées promotionnelles en Europe… Un véritable one-woman-show.

En une heure et demie, le public en aura donc appris beaucoup sur la vie de l’auteure qu’elle présente volontiers comme une succession d’aventures toujours positives, très souvent cocasses. «Parce que les gens qui sont passés par des moments terribles voient la vie différemment», justifie cette «ex-boat-people», arrivée au Québec, ruinée et affamée, à l’âge de dix ans.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, elle a reconnu avoir eu de gros problèmes avec la langue française: «Quand je lis un livre, souvent je ne le comprends pas. Mon français est émotif… et boiteux».

La lecture du chef-d’oeuvre de Marguerite Duras, L’Amant (qu’elle a appris par cœur!), aura joué un rôle décisif dans son amour des mots. «Mais dans mon cursus universitaire de traduction, j’ai commencé par avoir un zéro en maîtrise de la langue…», avoue-t-elle

C’est finalement une série de hasards, «d’accidents», dira-t-elle, qui a conduit la native de Saigon à devenir auteure. «J’ai commencé à prendre des notes aux feux rouges, quand ils étaient trop longs», se souvient-elle. Elle a poursuivi son travail d’écriture alors qu’elle faisait une pause à la suite de l’échec de son restaurant, «qui était plus un club social, un organisme sans but lucratif qu’une entreprise», ironise-t-elle. «Mon mari m’avait demandé de chercher une nouvelle orientation professionnelle. J’ai utilisé ce temps pour écrire.» Et bien lui en a pris!

C’est l’un de ses anciens clients du restaurant, qui s’est avéré être le producteur André Dupuy, qui l’a convaincu de transmettre son manuscrit à un éditeur. On connaît la suite… 120 000 exemplaires vendus. «Alors qu’au Québec, qui est un petit marché, les bons livres se vendent habituellement à 5 000 ou 6 000 exemplaires», précise-t-elle.

Et c’est toujours avec beaucoup de modestie qu’elle parle de son travail: «Quand j’écris, je me sens comme une lectrice. J’ouvre une porte, je prends des notes sur ce que je vois. Je n’ai pas d’imagination.»

Trop occupée à savourer son existence, Kim Thuy ne se projette pas dans l’avenir: «J’ai changé d’orientation professionnelle tous les cinq ans. Là, j’arrive à ma cinquième année dans le monde littéraire… Je prends plutôt cette activité comme un divertissement. C’est surtout mon mari qui nourrit la famille.»

Mais elle a assurément trouvé une vocation: «Écrire, c’est comme une longue jouissance…» Et du plaisir partagé avec ses lecteurs.

 

 

 

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