- PUBLICITÉ -
Betty Bonifassi, Lomax, Cabaret BMO, Sainte-Thérèse

Betty Bonifassi livrera le contenu de l’album Lomax, le samedi 15 avril au Cabaret BMO Sainte-Thérèse. Information : [www.odyscene.com].

Betty Bonifassi : chants de résilience

L’envers de la laideur et du pire, voilà parfois ce qui émerge du cruel bousier des âmes viles. À l’asservissement inhumain auquel ils furent soumis pendant plus de 250 ans (l’esclavage a été aboli en 1865, au pays de l’Oncle Sam), les Afro-Américains ont opposé des chants de résilience, produisant ce que la chanteuse Betty Bonifassi considère comme étant la musique la plus riche qu’elle ait jamais entendue.

Ces chants d’esclaves, ils ont notamment été consignés par l’ethnomusicologue Alan Lomax, un «collecteur de musique» qui les a enregistrés dans les prisons du Sud des États-Unis, dans les années 1920, là où ont abouti bon nombre d’affranchis qui continuaient de les chanter pour rythmer le rude travail qu’on leur imposait et mieux supporter leur condition.

Une part de mystique

«J’ai découvert ces enregistrements tout à fait par hasard, alors que je faisais une recherche musicale pour une pièce de théâtre. Ce sont des chants interprétés a cappella, uniquement par des hommes, rythmés selon la besogne qu’ils sont en train d’exécuter et qui apparaissent sous forme de questions et de réponses. Pour moi, qui aime la musique soul, ce fut tout un choc», raconte la chanteuse, qui a poussé ses recherches, allant de découverte en découverte. «Cet univers-là est à la base de toute la musique qu’on écoute aujourd’hui», ajoute-t-elle.

Une fois le choc passé, l’artiste a convaincu quelques musiciens de son entourage de la suivre dans sa volonté de tirer ces chants vers notre époque et d’en communiquer la part mystique. «Le monde en manque beaucoup, souffle-t-elle. Ce qui m’a attirée, c’est de voir à quel point ces gens-là ont réussi à conserver si longtemps cette dimension dans une douleur si forte et si prononcée.»

Une artiste investie

Voilà pour la petite cosmogonie de cet album de Betty Bonifassi (tout simplement intitulé Lomax) paru en 2014 et qui fait l’objet d’une tournée qui passera par le Cabaret BMO Sainte-Thérèse, le samedi 15 avril. Frissons garantis, quand on sait l’intensité et la force d’interprétation de la chanteuse.

«Je ne me vois pas comme quelqu’un d’intense, mais comme une artiste investie, nuance Betty Bonifassi. Je ne suis pas qu’un instrument. Il y a une part de création et d’écriture à laquelle je participe dans tous mes projets. Ces cases dans lesquelles on essaye toujours de me mettre ne me conviennent pas. Je ne suis pas un chemin droit. Je suis ce que mon intuition me dit de faire.»

Dans le vidéoclip de la chanson No more my Lawrd, par exemple, on illustre les univers opposés de deux jeunes filles bien de notre époque, l’une (blanche et occidentale) ravie de porter sa nouvelle robe, l’autre étant celle qui la fabrique à l’autre bout du monde en supportant des conditions de travail inhumaines. «C’est une façon d’expliquer les diverses formes de l’esclavagisme d’aujourd’hui, celui qu’on observe dans l’industrie du textile, par exemple. C’est à cette échelle qu’existe désormais l’asservissement des peuples», dit-elle.

C’est notamment un sujet qu’elle aborde quand elle rencontre des jeunes et c’est par ce genre d’intervention que l’artiste remplit une sorte de mission sociale: «Je refuse de laisser le monde comme une poubelle à mon fils, demain. Donc, je fais ma part.»

Un spectacle électrisant

Sur scène, Betty Bonifassi apparaît entourée de quatre musiciens (deux guitare, une basse et une batterie), ses amis qui l’ont aidée à créer ce monde-là. Il s’agit de Martin Lavallée, Mathieu Désy, Stéphane Leclerc et François Barrieau. Le spectacle roule depuis quelque temps, il est bien rodé, souligne-t-elle, et toute la bande a bien hâte de le présenter au public d’ici. «J’adore inviter des gens à la maison et leur faire goûter ma bouffe! J’essaye de recréer ce contexte dans mes spectacles et de l’offrir aux gens qui m’aiment assez pour acheter des billets et venir me voir. Je trouve ça assez formidable. Alors je m’efforce toujours de leur offrir quelque chose d’électrisant», dit-elle.

- PUBLICITÉ -

La dernière édition

- PUBLICITÉ -
Top