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Un désennui qui devient une tapisserie

Photo Michel Chartrand - Les murs et le plafond du salon sont tapissés de casse-têtes assemblés par l’octogénaire Jean-Paul Dugas.

Un désennui qui devient une tapisserie

La passion des casse-têtes

Il n’y a pas d’âge pour s’adonner à un passe-temps et s’animer d’une passion pour celui-ci. C’est ce qui est arrivé à Jean-Paul Dugas, alors qu’il était âgé de 81 ans.

Regarder la télévision était son occupation favorite jusqu’à ce qu’une panne électrique le menace d’ennui. Sa fille Janice lui a alors suggéré d’assembler un casse-tête.

Quatre ans plus tard, la maison de Jean-Paul Dugas abrite quelque 505 casse-têtes et plus de 206 222 morceaux. L’homme de 85 ans, qui est mort le 29 mars dernier, a affiché ses casse-têtes aux murs et au plafond de sa salle de séjour, de sa cuisine, de sa chambre et même de la salle de bain.

«Mon père se levait le matin, il lisait le journal et s’installait sur sa table pour faire les casse-têtes. Il s’ambitionnait au point de stresser lorsqu’il avait de la difficulté à en terminer un. Il avait un but lorsqu’il se levait le matin», raconte Janice Dugas qui a habité avec lui.

«Plusieurs personnes s’ennuient dans leur maison. J’ai contacté le journal pour donner l’idée à ceux-ci de commencer à faire des casse-têtes. Ils ne sont pas obligés de les mettre sur les murs. […] C’est bon pour la concentration», fait-elle savoir.

Atteint du cancer, il a passé un mois à l’Hôpital de Saint-Eustache avant d’être hébergé au Centre d’hébergement de longue durée de Saint-Benoît le 21 mars jusqu’à sa mort, huit jours après. «Il a fait des casse-têtes à l’hôpital et les employés les ont accrochés aux murs de sa chambre. Ça faisait parler les gens», raconte Janice Dugas.

Sa fille lui avait parlé de son idée de contacter les journaux L’ÉVEIL et LA CONCORDE pour un article. «Il était fier», avoue-t-elle. Mais la vie a voulu que le projet soit remis à plus tard. «Comme quoi il ne faut pas attendre. J’aurais aimé qu’il soit là pour vous rencontrer», reconnaît-elle.

500 casse-têtes ornent ses murs

La maison est un véritable musée en soi. Derrière la télévision, on retrouve des casse-têtes portant sur le hockey. Derrière son fauteuil, les images d’Elvis, des Beatles et de Marilyn Monroe sont composées de 5 000 pièces chacune. D’autres coins du salon affichent des images des œuvres de Paulo de Brito, d’anges et d’enfants, de paysages ruraux et autres.

«J’aurais de la peine de les retirer. Je ne suis pas à la veille de le faire. Ça me briserait le cœur», admet Janice Dugas, qui entend les laisser colorer son quotidien.

Homme assidu

Assidu à son passe-temps, M. Dugas était un homme ponctuel dans la vie. Celui que ses enfants surnomment «Puzzleman» était également associé aux horloges.

Résidant depuis 1994 du secteur de Saint-Augustin, Jean-Paul Dugas était originaire de Montréal. Restaurateur de métier, le père de quatre enfants aura laissé sa marque avec sa passion. Une autre de ses filles lui a créé un casse-tête Bienvenue chez Jean-Paul qui orne le devant de sa demeure et un autre qui aura servi de tapis pour son urne funéraire.

Janice Dugas entend terminer les casse-têtes qu’il avait déjà achetés et celui illustrant le château de Windsor qu’il avait entamé avant de quitter sa maison.

Elle a également conçu un site Web [www.puzzleman.ca] dans lequel on peut voir des photos et vidéos de son père à l’œuvre.

Une activité qui lui aura apporté plaisir, joie et valorisation, mais surtout lui aura permis de s’occuper sans voir le temps… passer.

 

 

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