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Profession: infirmière; passion: soins palliatifs

Photo Michel Chartrand - Lucie Côté, infirmière en soins palliatifs du Centre Drapeau-Deschambault.

Profession: infirmière; passion: soins palliatifs

Lucie Côté

DOSsIER: SOINS PALLIATIFS Les cheveux brun foncé, un regard dans lequel se lit à la fois la compassion et la chaleur, Lucie Côté n’a d’intimidant que son expertise de la vie. Parce qu’on est vivant tant qu’on n’est pas mort, la vie s’exprime, se manifeste, au 3e étage des soins palliatifs du Centre Drapeau-Deschambault.

Déambulant d’un petit pas rapide dans le couloir où reposent huit patients, elle s’arrête pour rassurer ou encore adoucir quelques douleurs de l’esprit ou du corps. Cette infirmière âgée dans la jeune cinquantaine a choisi de bonifier ses acquis par une formation en soins palliatifs, il y a de cela 2 ans et demi.

Même si elle y œuvre déjà (soins de fin de vie), Lucie Côté a affiné ses connaissances professionnelles en psychologie, en médication de fin de vie et approche, avec sa collègue Louise Deschênes. Cette formation de sept mois, efficace pour une durée de cinq ans, a su compléter ou perfectionner leurs connaissances de travail.

Ayant toujours choisi les soins de fin de vie ou de longue durée tout au long de sa carrière, Lucie Côté confesse avoir été témoin de bien des changements de mentalité, voire d’état d’esprit, depuis 20 ans.

«Avant, la mort était un sujet tabou. Les gens mouraient seuls et en souffrance. La donne a bien changé depuis», affirme-t-elle.

L’équilibre personnel est-il menacé dans ce cadre de travail?

À ce chapitre, Lucie Côté est intarissable. Selon les écrits (parce que des professionnels se sont déjà penchés sur la question), il appert que le premier critère pour garder son équilibre est de se ressourcer. Pour l’infirmière qui cumule une trentaine d’années d’expérience, la famille, les amis et les collègues de travail sont un exutoire à la souffrance morale qui peut intervenir parfois au sein de ce métier.

«Étant donné que nous vivons les mêmes émotions, entre collègues nous verbalisons nos états d’âme. Toute l’équipe de travail partage une réelle solidarité», souligne-t-elle.

Le plaisir, le bonheur de soigner les gens, ainsi que l’aptitude à ne pas mettre la barre trop haut figurent également au palmarès des conditions gagnantes pour une vie privée harmonieuse.

Rapide ou lente

Parfois, la mort emporte rapidement un patient, parfois, elle prend son temps. Mais peu importe la vitesse à laquelle les choses se déroulent, l’équipe médicale reste présente à chaque instant. Parce qu’elle dégage un sentiment de sécurité, la confiance que lui témoignent certains patients ne s’obtient que par le respect qu’elle leur donne.

«La fin de vie ressemble à une salle d’accouchement. Il n’y a pas de flonflon social, tout est vrai. Les émotions sont vraies, les relations authentiques.»

Un rôle qui va au-delà

«C’est vrai qu’on est capable de voir les derniers instants de vie qui se manifestent chez un patient avant sa finalité. Toutefois, certains choisissent de mourir seuls ou accompagnés. Ils nous jouent aussi des tours. On se retourne, et ils ont cessé de respirer. Dans ces cas-là, nous avons à rassurer et surtout déculpabiliser la famille qui s’en veut de ne pas avoir été présente au moment du décès», raconte Lucie.

Mais on carbure également à la gratitude reçue de la famille. Parce qu’elle est au cœur des émotions, elle est à même de constater le dévouement du personnel, et encore plus lorsqu’un proche y séjourne plus longtemps.

Nonobstant les quelques grandes questions auxquelles l’équipe soignante est confrontée régulièrement, la franchise demeurera la carte maîtresse, l’atout majeur, pour une relation saine avec la famille.

Les interrogations du type «Combien de temps lui reste-t-il?» ou encore «Est-ce qu’il ou elle nous entend en dépit de son coma?» trouveront ainsi des explications authentiques.

«Pour la première question, on ne peut pas y répondre, pour la seule raison qu’il est impossible de le savoir. Quant à la deuxième, il semblerait que l’ouïe est le dernier sens que l’on perd en mourant et qu’il serait protégé très longtemps. Ce sont les voix aimées que nous entendons principalement», atteste Lucie Côté.

 

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