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Pierre Gagnon: cuisiner du bonheur

Photo Michel Chartrand - Pierre Gagnon est maintenant cuisinier bénévole à la Maison de soins palliatifs à Saint-Eustache.

Pierre Gagnon: cuisiner du bonheur

Maison de soins palliatifs à Saint-Eustache

Au cours des dernières semaines, vous avez retrouvé, dans les journaux L’ÉVEIL et LA CONCORDE, une série d’articles sur des femmes et des hommes de la région, rencontrés à la Maison de soins palliatifs à Saint-Eustache et au Centre Drapeau-Deschambault de Sainte-Thérèse, qui sont concernés ou en lien direct avec les êtres humains en fin de vie. Ce texte clôt ce dossier sur les soins palliatifs dans la région.

Cinquante-quatre ans. C’est l’âge qu’avait Jocelyne Therrien à sa mort. Atteinte d’un cancer des os, elle a vécu les derniers moments de sa vie entourée de ses enfants et de sa sœur à la Maison de soins palliatifs à Saint-Eustache.

Selon le mari de sa sœur, Pierre Gagnon, elle aura bénéficié de soins de qualité, mais surtout d’attentions bienveillantes. Originaire de Sainte-Thérèse, Mme Therrien était hébergée chez M. Gagnon depuis un certain temps lorsqu’elle s’est brisé la jambe. Hospitalisée à l’Hôpital de Saint-Eustache à la suite de l’opération, elle a été transférée à la Maison de soins palliatifs puisque son cancer gagnait du terrain. Elle est arrivée le 20 juillet et est partie vers un monde meilleur le 30 septembre dernier.

«Ma femme a passé ces deux mois à son chevet. C’était sa grande amie. Elles avaient presque le même âge. Ma femme dormait même à la Maison de soins», raconte-t-il.

Lorsque les heures de Mme Therrien ont commencé à être comptées, il a également pu dormir sur place afin d’être tout près si sa mort devait arriver.

L’Eustachois a été témoin des soins prodigués à sa belle-sœur. «Le service est excellent. Les gens sont très gentils. […] Ma belle-sœur n’était jamais seule. Elle aimait l’endroit. Elle avait tout ce qu’elle voulait», a-t-il répété à plusieurs reprises. M. Gagnon a remarqué que le personnel est très attentionné envers les bénéficiaires. «Ma belle-sœur n’aurait pas pu trouver une meilleure place pour finir ses jours», estime-t-il.

Les employés de la Maison de soins palliatifs essaient d’offrir aux bénéficiaires le plus de moments de bonheur possible. Un verre de vin au souper, la présence d’un animal de compagnie, une rôtie au caramel pour l’une, un steak pour l’autre…

Maintenant bénévole

Pompier à la retraite et ancien cuisinier de la caserne, M. Gagnon a toujours aimé cuisiner. Il était donc naturel pour lui de préparer des repas pour Mme Therrien et les siens sur place. Il lui arrivait de partager ses petits plats aux employés de la Maison. Après la mort de sa belle-sœur, M. Gagnon a été approché pour s’occuper de la cuisine puisque personne n’était réellement attitré à cette tâche. «C’est la première fois depuis la réouverture de la Maison en 2009 que nous pouvons compter sur une personne aussi assidue, organisée, motivée et qui fait bien à manger», souligne Manon Chiasson, coordonnatrice clinique.

Depuis octobre 2010, Pierre Gagnon est donc cuisinier bénévole pour l’organisme. Il prépare une série de repas qu’il congèle: poissons, pain de viande, soupes et potages, et autres. Son repas-vedette? Sa recette spéciale de lasagne.

Être bénévole auprès des personnes en fin de vie lui fait réaliser combien la vie est courte. «Ici, les gens passent. Ils ne restent que quelques semaines seulement. On ne sait jamais si la mort va arriver maintenant ou demain. Certains restent ici 13 heures, d’autres quelques mois, mais ça se calcule plus souvent en semaines», précise l’homme de 64 ans.

«J’aime ça. Je viens une ou deux fois par semaine. Depuis décembre, je m’occupe également de faire les courses. Ça fait plaisir, mentionne-t-il. Je le fais pour les malades. Ça les aide et ça ne me nuit pas. Si je peux leur donner un mois de bonheur dans leur vie…», ajoute-t-il.

«Je viendrais finir mes jours ici sans problème», affirme Pierre Gagnon sans hésitation.

 

 

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