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Monique Lépine témoigne de ses épreuves

Photo Michel Chartrand - Mère de Marc Lépine, Monique Lépine a raconté son histoire et témoigné de ses épreuves.

Monique Lépine témoigne de ses épreuves

Un silence qui aura duré 17 ans

L’Église évangélique de Deux-Montagnes a reçu, le 5 juin dernier, la visite de Monique Lépine, mère de Marc Lépine, responsable de la tuerie de l’École polytechnique de Montréal, en décembre 1989.

Invitée par le pasteur Jean-Michel Juste, Mme Lépine est venue raconter son histoire et témoigner de ses épreuves devant une cinquantaine de personnes rassemblées.

Liant son histoire à un message d’amour et sa foi envers Dieu, le chemin qu’elle a emprunté a été supporté par ses croyances d’ordre religieux. Croyances bien présentes tout au long de son témoignage, agissant comme phare la guidant jusqu’à aujourd’hui.

La petite église était bien silencieuse et à l’écoute pendant l’heure où Monique Lépine a livré son message. Elle a commencé son récit avec l’ordre chronologique des évènements. Comment elle donnait une formation d’infirmière ce jour-là, un mercredi, et qu’elle a appris la nouvelle de la tragédie le soir même. Comment, à sa réunion de prière – Mme Lépine fréquentait alors l’Église évangélique –, elle a demandé qu’on prie pour la mère du jeune garçon sans savoir qu’elle priait pour elle-même.

Ensuite, le lendemain, quand un appel de son frère avec qui elle a peu de contact lui a laissé un message au bureau et lui a dit: «On pense que c’est Marc», et comment son monde s’est effondré à cet instant.

Mme Lépine a raconté son désarroi, sa honte, mais aussi tout le processus de remise en question qui s’est enclenché. Particulièrement le regard qu’elle a été obligée de poser sur sa vie, dès les premiers soirs où elle a trouvé refuge à son église. Elle a affirmé, en parlant de son fils qui s’est enlevé la vie: «Il m’a laissé, à moi, le soin de régler ses problèmes à sa place.»

Elle a compris que son grand besoin d’amour venait avec un fort sentiment de rejet. «Je ne m’aimais pas et je pensais que personne ne m’aimait», a-t-elle affirmé. Une vie à essayer de prouver sa valeur intellectuelle, un mariage avec un mari violent dont elle a divorcé, les actes de son fils qui s’est enlevé la vie et la mort de sa fille aux prises avec la drogue, sept ans après les évènements de la Polytechnique.

Elle a affirmé avec une grande confiance: «Dieu avait prévu ce chemin difficile pour moi et ç’a pris 17 ans de silence avant de pouvoir parler et partager. Dieu m’a portée dans la douleur pour aller plus loin.»

Elle a également réfléchi aux hypothèses qui auraient poussé son fils à commettre ces gestes. Si, au début, elle pensait à un débalancement chimique comme chez les schizophrènes, elle a aussi regardé au niveau de ses perceptions des femmes et de Dieu qu’elle affirme faussées. Elle a ajouté que lorsqu’on ne fait pas la paix avec Dieu, l’amertume est un poison qui empoisonne aussi les autres.

Aujourd’hui, c’est une Mme Lépine épanouie qui a décidé de partager son expérience et de venir en aide aux autres, car, a-t-elle dit avec conviction, «dans la souffrance profonde, j’ai choisi la vie pour aider les autres qui souffrent en silence comme les mères de criminels qui n’ont droit à aucune aide».

Celle-ci a, enfin, précisé que c’est à la suite de la fusillade au collège Dawson, à Montréal, en 2006, qu’elle a choisi de sortir de l’ombre et de commencer à s’impliquer dans les prisons, les églises de toutes sortes et les milieux communautaires et universitaires.

 

 

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