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Le support du sénateur Carignan

Avocat des «carrés verts»

Interpelé par les commentaires entendus et les réactions suscitées à la suite du dépôt des deux injonctions interlocutoires provisoires à l’encontre du Collège Lionel-Groulx, le sénateur Claude Carignan a tenu à livrer sa version de la chose. En tant qu’avocat, mais d’abord en tant que père de famille.

«Je n’ai jamais compris qu’en devenant sénateur je perdais mes droits civiques, ni mon droit de parole», a-t-il d’entrée de jeu pointé. Préoccupé et inquiet, dit-il, de voir deux de ses enfants risquer de perdre une session entière en raison de la grève étudiante qui touche le collège Lionel-Groulx, depuis le 29 février dernier, c’est d’abord à titre de père que M. Carignan dit être intervenu.

«C’est mon rôle de père de défendre mes enfants quand ceux-ci voient leurs droits violés et perdre une année de leur vie. Je ne pouvais pas rester là, les bras croisés», a-t-il fait valoir, d’où l’idée de l’injonction pour faire valoir le droit à l’éducation de ses enfants et de leurs amis. «J’ai simplement dit à mes enfants que s’ils avaient des amis intéressés, je les représenterais aussi», a-t-il ajouté.

La première injonction émise par la Cour supérieure, en date du 8 mai dernier, comptait 53 demandeurs. La seconde injonction, dont le jugement et l’ordonnance étaient attendus par Me Carignan au moment de l’entrevue, soit lundi en fin de journée, en comptait 247 nouveaux, portant à 300 le nombre d’étudiants visés par ces injonctions. Compte tenu que les injonctions ouvrent les cours de ces 300 étudiants à tous ceux qui y sont inscrits, c’est facilement 2 000 étudiants qui pourraient retourner en classe dès ce vendredi, estime M. Carignan.

La primauté du droit

Invité à justifier sa démarche d’un point de vue légal, M. Carignan affirme que la décision d’une association étudiante, si démocratique soit-elle, de boycotter les cours ne lie aucunement ses membres. «Le pouvoir du juge est de protéger la démocratie et la primauté du droit. Si le juge intervient, c’est que des droits sont bafoués», soutient-il.

Conscient que les injonctions ne régleront en rien le conflit étudiant qui perdure, M. Carignan estime toutefois qu’il est de son devoir d’en minimiser les impacts, dans le respect du droit. Enfin, se disant déçu, il déplore la position du Syndicat des enseignantes et enseignants du cégep Lionel-Groulx et de l’association étudiante qui refusent de consentir à simplement ajouter le nom de ceux et celles qui désirent bénéficier de l’injonction en cours. M. Carignan, par la force des choses, n’exclut pas qu’une troisième injonction soit déposée.

 

 

 

 

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