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La charité, mais au profit de qui?

(Photo Michel Chartrand) -

La charité, mais au profit de qui?

Les paroisses versus les boîtes de dons

Les boîtes de dons installées un peu partout facilitent la charité, mais pas nécessairement au profit des gens d’ici.

C’est le message qu’a voulu passer la paroisse Saint-Eustache dans un communiqué envoyé à nos journaux récemment. Elle voulait rappeler qu’il est possible d’offrir ses vêtements et autres articles encore en bon état (jouets, vaisselle et autres) dans la chute à l’entrée de la salle Raymond située sur le côté, entre l’église Saint-Eustache et la Mairie. Ceux-ci profiteront assurément aux gens de Saint-Eustache et des environs.

«Les dons effectués dans les boîtes bleues que l’on retrouve dans la région sont vendus à Montréal. Par le fait même, la population plus démunie de Saint-Eustache et des environs ne peut pas bénéficier de ce linge et des fruits de la vente des articles. Nous sommes conscients que le bien peut se faire ailleurs que dans notre milieu, mais il est important de le savoir», croit Geneviève Pineault, responsable de la pastorale sociale de la paroisse Saint-Eustache qui affirme avoir remarqué une baisse des dons depuis la période des fêtes.

Même son de cloche du côté de la paroisse Sainte-Marie-du-Lac. «Nous avons l’impression que les gens croient, de bonne foi, que les dons qu’ils déposent dans ces boîtes servent à des organismes locaux alors que c’est bien souvent Montréal. Je ne dis pas qu’ils n’en ont pas besoin, mais nous aussi avons des besoins», fait savoir Manon Lambert, coordonnatrice de la paroisse Sainte-Marie-du-Lac.

Les boîtes de la FQDI

En effet, environ la moitié des biens amassés par l’entremise des boîtes de dons de la Fondation québécoise de la déficience intellectuelle (FQDI) sont vendus à la chaîne de magasins Village des valeurs. Le reste est offert à diverses entreprises de récupération et de recyclage ou exporté vers des pays dans le besoin.

La revente d’articles usagés couvre la totalité des besoins financiers de l’organisme, celui-ci ne bénéficiant d’aucune aide financière. L’argent ainsi amassé est octroyé sous forme de subventions à des organismes de la province travaillant auprès de personnes atteintes de déficience intellectuelle.

Le directeur général de la FQDI, Jacques Boily, fait savoir que «plus ou moins un million de dollars est remis annuellement» à ces organismes.

En entrevue téléphonique, il a mentionné que ce sont les organismes qui doivent déposer une demande de subventions pour profiter des fruits des dons. Sur le site Web de la FQDI, les seuls organismes de la région inscrits pour 2010 sont les Appartements Rosa Blanda de Boisbriand pour la construction de logements sociaux et le Mouvement Personne d’Abord de Sainte-Thérèse pour le lancement d’un recueil de nouvelles.

Les boîtes Renaissance

On trouve également les boîtes de l’organisme Renaissance. Les vêtements et les biens usagés qui y sont déposés se retrouvent ensuite dans les boutiques communautaires Fripe-Prix, servant ainsi à la «population du Grand Montréal». L’entièreté des revenus générés par leur vente sert à son programme d’insertion sociale et professionnelle.

Tous les dons ainsi recueillis ne profitent pas nécessairement aux gens demeurant sur le territoire où les biens ont été déposés puisque la boutique Fripe-Prix située la plus près est à Laval.

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