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Haïti: Quand la solidarité s’organise

(Photo Caroline d’Astous) - Une trentaine de jeunes de Montrouis se sont unis pour venir en aide aux gens de Port-au-Prince. Malgré qu'ils n'aient pas d'argent, ils ont réussi à trouver de l'aide pour aider les sinistrés. Ils ont fait une prière tous ensemble au moment du départ.

Haïti: Quand la solidarité s’organise

Haïti

Dans l’enfer haïtien (N.D.L.R.) — Notre journaliste Caroline d’Astous se trouve présentement à Haïti. Au moment du séisme qui a violemment touché ce pays, le mardi 12 janvier, elle poursuivait un voyage de coopération à Montrouis, à 70 km au nord de Port-au-Prince, là où elle avait entrepris de s’occuper, pendant tout le mois de janvier, des enfants de l’École mixte de la foi. Son rôle a soudainement changé. Depuis le lendemain de cette catastrophe, on a pu la lire dans le quotidien Le Devoir et l’entendre sur les ondes de RDI raconter ce qu’elle a vu à Port-au-Prince. Voici le témoignage qu’elle nous livrait jeudi, en fin de journée.

Depuis le tremblement de terre qui a frappé la population d’Haïti, le mardi 12 janvier, des groupes se sont organisés dans les villages et les régions du pays pour prêter main-forte aux sinistrés. Pour certains Haïtiens: pas question de rester passifs et d’attendre l’arrivée de l’aide internationale.
À Montrouis, dans la commune de Saint-Marc, le village où je suis venue passer le mois de janvier, les jeunes des différentes églises se sont mobilisés pour venir en aide aux gens de Port-au-Prince. Exit les appartenances religieuses. Deux valeurs les ont réunis: le partage et la solidarité. «J’ai fait le tour des églises pour demander si les gens étaient prêts à aider les sinistrés de Port-au-Prince», m’explique Diesmy Garçon, initiateur du projet.

En moins d’une semaine, la trentaine de volontaires a réussi à trouver un local, deux camionnettes et une moto. Pour se distinguer, ils se sont donné le nom de Mission Jeunes Chrétiens Internationale. Avec de la peinture, ils ont inscrit ce nom sur le dos d’un chandail blanc. Sur le devant, on peut aussi lire le mot «Urgence» en lettres noires. Difficile de ne pas les remarquer. Dans le village, ils ont insufflé un vent d’optimisme.

J’ai rencontré les responsables de ce groupe par hasard, à la sortie d’une église, dimanche matin. Les bribes de conversation qui parvenaient à mes oreilles ont attisé ma curiosité. Je me suis approchée pour leur demander ce qu’ils faisaient. «On va visiter l’ensemble des églises de la zone pour demander aux gens de donner des vêtements, de l’eau, des médicaments et des brosses à dents pour les sinistrés de Port-au-Prince», m’a confié Diesmy Garçon.

J’ai offert mon aide et indiqué mon intérêt à les accompagner au moment de la distribution dans les refuges de Port-au-Prince. Ils ont accepté. Pour faire ma part, j’ai fait un tri dans mes vêtements et offert de trouver du dentifrice. Mon collègue québécois André Ricard, un retraité d’Hydro-Québec venu aider pour l’aspect immobilisation de l’École mixte de la foi, a payé l’essence. Les jeunes ont réussi à amasser une cinquantaine de litres d’eau potable, des dizaines de sacs de vêtements et de souliers ainsi que des produits d’hygiène.
À Port-au-Prince, les jeunes de la Mission ont été frappés par la misère qui règne. Une image très dure. À voir ces sinistrés installés sous des abris de fortune, souvent sans accès à l’eau et à de la nourriture, on prend rapidement conscience que le temps risque d’apporter son lot de maladies.

De retour au village, les jeunes ont lancé l’idée d’établir un campement pour recevoir les sinistrés. «Il y a plein de gens à Port-au-Prince qui veulent quitter, mais ne savent pas où aller. On pourrait les recevoir à Montrouis», m’a mentionné Diesmy Garçon. Rapidement, Québécois et Haïtiens, nous avons pris la décision d’utiliser l’infrastructure de l’école. En peu de temps, des dizaines de familles ont trouvé refuge. Avec les petits moyens financiers dont nous disposons, on arrive à distribuer du pain et de l’eau.

Bonne nouvelle: vendredi matin (22 janvier), je vais prendre la direction de Port-au-Prince, grâce à la générosité de citoyens de Mirabel, réunis sous le nom de Solidarité des expropriés avec Haïti, qui ont réussi à amasser 6 300 $. De cette somme, 2 000 $ ont trouvé le chemin de la capitale. Grâce à cet argent, il nous sera possible de nourrir les sinistrés et d’offrir du transport aux familles qui veulent quitter Port-au-Prince. Un petit geste qui permettra à certains sinistrés de trouver la paix.

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