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Bouffe Don$ : Et la chaîne de solidarité se fit

En solo

Bouffe Don$ : Et la chaîne de solidarité se fit

Samedi matin, 10 h 30. Le mercure est sous la barre des ‑10 degrés. Éric Millette et Marie-Noëlle Lépine s’affairent dans la cuisine d’un logement de Saint-Jérôme.

Du four émanent des odeurs appétissantes. Bœuf aux carottes et lasagne gratinée. Dans une pièce, à côté, on a commencé à préparer plusieurs bacs de nourriture que l’on transportera là-bas, à la place de la Gare, à Saint-Jérôme. À la manière d’un supermarché en plein air, Éric, son frère, et Marie-Noëlle confectionneront des sacs d’épicerie qu’ils distribueront en même temps que les repas chauds.

Il faut dire que trois jours auparavant, Éric a fait la tournée de plusieurs commerces, ceux qui contribuent aux pique-niques des samedis à Saint-Jérôme.

Son premier arrêt sera la Bagelerie de Sainte-Thérèse où l’attendent de grosses poches de bagels. Puis, ce sera au tour de la Rôtisserie Scores de Sainte-Thérèse, qui lui fournira deux gros récipients de soupe. Direction Saint-Jérôme, au restaurant Ibiza, puis Arousse et Soléo, où l’on reviendra avec des denrées alimentaires, des pâtes, des liqueurs, des légumes, des fruits, etc. Chaque rencontre, chaque arrêt se soldera par des poignées de main, des accolades avec les propriétaires. Les remerciements seront sincères, la contribution le sera tout autant.

Et la liste des commanditaires s’allonge. On souhaite contribuer à l’élimination de la faim dans ce coin de pays.

Samedi

11 h 30, au coin de Parent/la Gare, ils sont là. Seuls, ou accompagnés, mais ils semblent tous se (re)connaître un peu.

Éric est pressé. Dans le coffre de sa voiture, l’Atelier Tac Machine de Saint-Jérôme lui a installé un réchaud. Il se dépêche d’en déballer le contenu. Avec Marie-Noëlle, ils déposent toutes les victuailles cherchées chez leurs commanditaires. Ce matin, Éric s’est arrêté à la boulangerie Garou, car les proprios de l’endroit avaient de la pizza aux tomates à lui donner. Quelques kilomètres plus loin, un autre arrêt, chez Uni Café, où l’attend une employée avec un gros pot de café et du lait.

Aujourd’hui, tout le monde mangera à sa faim.

Si on ignore le nombre exact de personnes qui seront présentes entre 11 h 30 et 13 h, la nourriture est suffisante pour en nourrir une grande quantité. Par expérience, on pourrait servir entre 60 et 100 repas durant cette période.

De quelques individus, il y a quelques minutes, ils sont désormais une quinzaine à attendre à proximité de la voiture de Bouffe Don$. Dans ce monde où le ventre crie famine, les nouvelles voyagent vite.

«Ce ne sont pas tous des itinérants, mais aussi des gens qui ont faim», nuance le fondateur. Aidé de son frère, Éric est rapide dans ses gestes. Saluant au passage ceux qu’il reconnaît, la garantie d’un bon repas chaud amène bien des rires d’anticipation.

Don inattendu

Au milieu d’un brouhaha convivial arrive une camionnette. Est-ce qu’on l’attendait aujourd’hui? Peut-être, puisqu’elle se stationne pas très loin de la place de la Gare. Tiens, c’est un véhicule à l’effigie du Buffet du Domaine. Il doit bien connaître la mission de Bouffe Don$ puisqu’il transporte avec lui un immense chaudron de soupe. Ça embaume, même si l’air est froid et mordant.

Autour de la voiture, on se réjouit. Parce que le temps file, on commence à servir les repas. Mine de rien, la file s’agrandit. On mange la soupe, on discute, on parle à son voisin. Certains sont plus solidaires, d’autres se trouveront un coin à eux pour déguster en solitaire. Quelques rires éclatent çà et là. Un ventre repu fait du bien. Moralement et physiquement.

«Encore de la soupe, madame?», s’enquiert Éric en voyant revenir un bol vide. En ce samedi midi, la place de la Gare de Saint-Jérôme s’anime. Elle se videra bientôt pour se remplir à nouveau la semaine prochaine.

C’est comme ça depuis huit mois.

 

 

 

 

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