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Au cimetière de Saint‑Eustache: Les concessions à perpétuité ne sont pas éternelles

Francine Doucette

Au cimetière de Saint‑Eustache: Les concessions à perpétuité ne sont pas éternelles

Les vieilles familles sont fort nombreuses à Saint-Eustache et celles qui, depuis un siècle et plus, ont une concession de terrain à perpétuité au cimetière, seront sollicitées pour renouveler leur contrat. C’est que la perpétuité dans le cas des cimetières a été limitée à 100 ans par le Code civil du Québec depuis 1994.

«Notre cimetière existe depuis 1866. Autrefois, les gens achetaient une concession, ce qu’ils appelaient une part de cimetière. On ne peut pas acheter une part de cimetière, mais plutôt le droit d’être enterré dans un cimetière. Pour les gens, la perpétuité signifie pour la vie ou pour toujours. Ce n’est plus le cas pour les cimetières», a d’abord expliqué Francine Doucette, secrétaire-trésorière de la Corporation du cimetière de Saint‑Eustache.

Le nombre de contrats périmés est de 300 sur 2 600 concessions accordées. Comme le terrain est très vaste, soit de la rue St‑Louis jusqu’au moulin Légaré le long de la rivière du Chêne, il y a encore beaucoup d’espace. C’est pourquoi la Corporation du cimetière n’avait jamais appliqué la notion de renouvellement, et ce, jusqu’en novembre 2013.

Cependant, les revenus pour les cimetières ont sérieusement diminué, car l’enterrement des corps dans un cercueil est de moins en moins en vogue. Il y a aussi une diminution importante des fréquentations des citoyens dans les cimetières. C’est l’incinération des corps qui a pris le dessus. Les proches mettent les cendres dans une urne qu’ils vont laisser dans les résidences funéraires, garder à la maison ou encore répandre à l’endroit préféré du défunt, que ce soit dans une rivière, un lac ou une montagne.

«Nous avons un colombarium à notre cimetière pour mettre les urnes et nous offrons aussi la possibilité d’enterrer les cendres, mais les gens ne savent pas cela», indique Francine Doucette.

Le travail des renouvellements est énorme. Il sera échelonné sur un minimum de deux ans. «II faut essayer, explique Mme Doucette, de retracer plus de 300 familles. On ne peut pas toutes les faire en même temps. On va procéder par envoi de 50 lettres à la fois. De très nombreuses adresses ne sont plus existantes. On va faire paraître des avis dans notre feuillet paroissial et probablement dans les journaux L’ÉVEIL ou LA CONCORDE.»

«Nous avons commencé, ajoute-t-elle, notre processus en novembre 2013 et nous avons réussi à renouveler nos huit premières familles avec des contrats périmés. Depuis le début de 2014, nous en avons renouvelé 19 autres. Les gens comprennent bien la situation. Il y a peut-être une ou deux familles qui ont refusé.»

La famille dont le contrat est périmé reçoit une offre de renouvellement pour 50 ans à la moitié de la valeur du contrat. Certains vont décider de prendre moins grand comme concession. Les familles sont aujourd’hui plus petites qu’autrefois.

Il reste de la place dans les lots puisqu’on peut être facilement enterré par‑dessus les ancêtres. Si les familles ne renouvellent pas, la Corporation attend que le dernier membre d’une famille soit enterré depuis au moins 30 ans avant de revendre la part de terrain à une autre famille. De plus, la Corporation va en cour pour demander au juge l’autorisation de revendre le lot.

«Nous enverrons nos lettres graduellement. Les gens ne doivent pas s’énerver s’ils n’ont pas reçu leur lettre. Ils n’ont qu’à nous contacter pour faire vérifier leur contrat», de terminer Francine Doucette, prête à recevoir les appels au450‑473‑7859.

 

 

 

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