À 17 ans, Claude Desjardins veut faire le bon choix avant d’entamer des études collégiales. Il se rend compte que, par son expérience de travail, il remet en question la gestion des entreprises pour lesquelles il a travaillé. Il se dirige donc vers des études collégiales en administration. «Mon année sabbatique a été la meilleure décision de ma vie», admet-il.
À la fin de son programme, il présente un plan de mise en marché d’un aspirateur central, un produit nouveau à l’époque. Diplôme en poche, il lance Entreprise nationale Vac et devient sous-traitant en installation d’aspirateurs centraux pour 12 entrepreneurs en construction de Thérèse-De Blainville. Deux ans plus tard, d’autres entreprises offrent le service et Claude Desjardins décide de mettre fin à son affaire.
Il s’associe alors à un ami et crée une imprimerie à Ville Saint-Laurent. Au fil des ans, l’entreprise déménage ses pénates et investit beaucoup dans son équipement. Elle remporte d’ailleurs le titre de l’Entreprise de l’année de Ville Saint-Laurent. À ce moment, celle-ci compte 42 employés et présente un chiffre d’affaires d’environ 5 millions de dollars. «Durant cette période, nous avions également fait l’acquisition d’un sous-traitant en préimpression que nous avions intégré à l’imprimerie. Ç’a été une expérience qui m’a servi lorsque j’ai acheté la Traverse», convient-il.
Finalement, des divergences d’opinions entre lui et son associé sur le développement de l’entreprise l’amènent à lui vendre ses parts.
Encore une fois, un temps de réflexion s’impose. «J’ai pris huit mois sabbatiques. J’ai vendu ma maison et je suis parti en motorisé dans l’Ouest canadien avec ma famille», raconte-t-il.
Son professeur du cégep, Louis Grenier, devenu commissaire industriel lui servira de mentor. Il fixe un rendez-vous avec ce consultant pour trouver une entreprise florissante sans relève. À deux doigts d’acheter un fabricant de serrures à retardement, le projet tombe à l’eau. «J’avais 32 ans. Ça faisait 10 mois que je cherchais une entreprise industrielle. Je commençais à trouver le temps long et à douter de mes capacités», confie-t-il.
M. Grenier suggère à Claude Desjardins d’envisager l’achat de la Traverse Oka-Hudson, qui, à première vue, ne l’intéressait pas. «Je n’ai pas toujours écouté mon mentor, mais il me guidait et m’aidait à me faire ma propre idée», indique l’entrepreneur. Ce projet de modernisation motive l’homme natif de Saint-Augustin, qui accepte finalement de prendre la relève de l’entreprise. De 1999 à 2009, il travaille à moderniser la traverse avec notamment la fabrication de deux traversiers autopropulsés en remplacement des quatre barges tractées existantes. Juste à temps pour célébrer les 100 ans d’existence de l’entreprise. Aujourd’hui, Claude Desjardins ne regrette rien. L’achalandage augmente constamment et il souhaite électrifier le service au cours des prochaines années. «C’est la satisfaction que tu retires de tout ce que tu fais. C’est de la fierté. C’est une motivation à continuer», affirme-t-il.
Nom du propriétaire: Claude Desjardins
Nom de l'entreprise: Traverse Oka-Hudson
Date de création: 1909
Nombre d'emplois: 17
Sphère d'activité: transport de personnes



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