«Cette deuxième édition pourrait devenir une tradition. La conjoncture économique est préoccupante pour chacun d’entre nous», a déclaré le maire Pierre Charron, lorsqu’invité à dire un mot de bienvenue.
L’année 2011 a été difficile, comme Alexandre Viau, vice-président, services aux investisseurs, gestion du portefeuille Natcan, l’a déclaré: «L’année 2011 a plutôt été morose et le marché volatil.» Depuis 40 ans, la dernière année a été la sixième plus volatile, a-t-il illustré. Cependant, «nous sommes déjà en début de reprise, chez nous, on a commencé à reprendre du risque depuis quatre mois».
Pour surveiller la situation, Alexandre Viau se dit obsédé par les indicateurs d’économie avancés, des chiffres qui sont suivis avec soin. Au nombre de six, il les a expliqués et a montré leur influence sur l’économie.
Par exemple, il surveille l’augmentation du cours des matières premières comme le baril de pétrole. Si ce dernier atteint les 150 $ et le demeure, c’est signe d’une récession, car l’essence représente 12 % du budget des Américains, a expliqué le conférencier. Par contre, en bas de 100 $, c’est une force positive.
La consommation des Américains représente 72 % de leur PIB (produit intérieur brut) et a donc un impact direct sur l’économie. La création d’emplois et le taux de chômage sont donc des données qui peuvent permettre de spéculer sur la santé de l’économie américaine.
L’inflation en Chine aurait aussi un impact chez nous. Ce pays consomme 40 % de tout ce qui est produit en matières premières, secteur qui représente 30 % du PIB canadien. «L’inflation en Chine augmente les taux d’intérêt et rend difficile l’accès au capital, donc moins d’argent dans ses poches pour investir, moins de consommation de matières premières», d’indiquer M. Viau.
Le marché résidentiel américain est aussi utilisé pour quantifier une reprise économique solide. Plus la construction de maisons neuves est en hausse, plus cela est considéré comme une tendance positive. Aussi, si la valeur des maisons augmente, cela permet d’hypothéquer pour consommer.
Plusieurs données chiffrées visent donc à analyser l’accès au crédit permettant de faire rouler l’économie par la consommation. Ces données viennent donc influencer les activités boursières, mais aussi la confiance des consommateurs.
Somme toute, une année 2012 qui devrait mieux aller que l’an dernier. Toutefois, à long terme, le schéma qui fonctionne actuellement pourrait s’essouffler, comme l’ont soulevé quelques personnes dans la salle. «Augmenter l’endettement américain pour créer des emplois en Inde ou Chine paraît inquiétant», s’est exprimé un participant. Certains croient aussi qu’on est dans une bulle artificielle, ce que le conférencier approuve aussi: «À long terme, on vit sur du temps emprunté. Il y a des choses qu’il faut changer», a-t-il admis.
Le déjeuner-conférence a été l’occasion de décerner le prix Innovation par le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation du Québec (MDEIE). L’entreprise qui s’est démarquée est Heico Lighting, de Saint-Eustache, pour son continuel développement technologique en éclairage.



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