Une incursion au pays des bulles

Benoît
Benoît Bilodeau
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Festival international de la bande dessinée d’Angoulême

Ici, tout à côté de l’hôtel de ville, il y a la rue Hergé qui, à son extrémité, change de nom pour Goscinny. Là, sur le mur de certains bâtiments, des fresques plus ou moins grandes illustrant Gaston Lagaffe, Titeuf, Natacha ou encore Lucky Luke. Sur le bord de la Charente, il y a ce musée permanent dédié à l’histoire de la bande dessinée. De l’autre côté, presque en face, la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image.

La rue Hergé, à Angoulême, bondée de gens à l’occasion de la 39e édition du Festival international de la bande dessinée.

Nous ne sommes pas dans un monde parallèle. Nous sommes à Angoulême, une commune de quelque 60 000 habitants située dans le département du Poitou-Charente, dans le sud-ouest de la France, où tout, ou presque, respire la bande dessinée à tout moment de l’année. Et encore davantage fin janvier, alors que s’y tient le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême qui, en 2012, en était à sa 39e année d’existence. Cette année, ce sont pas moins de 210 000 visiteurs qui s’y sont rendus!

Pour l’amateur de bande dessinée, c’est bien sûr l’occasion toute rêvée de prendre un véritable bain de bulles, et cela, pendant quatre jours consécutifs. En tout, ce sont une vingtaine d’espaces (ou bulles comme on dit ici) qui sont dédiés au neuvième art et répartis un peu partout dans la ville, mais surtout dans la vieille ville, construite sur un plateau, à l’intérieur de remparts: animations, ateliers, spectacles, conférences, projections de films, de documentaires et de dessins animés. Et, surtout, la possibilité de rencontrer des auteurs de bande dessinée et d’avoir la chance d’obtenir d’eux une précieuse dédicace.

À vrai dire, il est à peu près impossible de prendre part à la totalité des activités inscrites, puisqu’il y en avait autour de 200 à la programmation 2012 de ce Festival international de la bande dessinée. Bien sûr, cette année, il ne fallait pas manquer cette exposition sur l’œuvre de Fred, aujourd’hui âgé de 81 ans et connu de tous comme étant l’auteur du personnage de Philémon qui voyage sur les lettres de l’océan Atlantique. Ou encore ces expositions sur la bande dessinée taïwanaise, espagnole, suédoise et européenne.

Bien évidemment, il était difficile de passer à côté des deux expositions consacrées à l’auteur américain Art Spiegelman, le mythique créateur de Maus et président du jury de ce 39e Festival. Une première portait sur l’œuvre elle-même de Spiegelman, liée de près à la scène underground, et une deuxième, présentée au Musée de la bande dessinée, sur l’histoire de la bande dessinée américaine et rehaussée de plusieurs pièces de collection de Spiegelman lui-même.

Surtout, on le devinera, ce sont les espaces dédiés aux exposants, plus de 200 cette année, qui ont fait courir les foules, entre autres celui appelé le Monde des bulles qui regroupait les grandes maisons d’édition que sont Dargaud, Casterman, Le Lombard, Glénat, Soleil, Delcourt et autres. Il y avait aussi cet espace Le Nouveau monde, où étaient regroupés les acteurs de l’édition de la bande dessinée alternative, indépendante et de différents pays. Sur place, la maison d’édition québécoise La Pastèque était à nouveau présente (une 11e fois en 13 ans d’existence), cette fois avec l’auteur Michel Rabagliati qui était en nomination pour son ouvrage Paul au parc dans la très curieuse catégorie «Prix Jeunesse», puisque le lauréat est choisi par un jury d’enfants âgés de 8 à 12 ans...

Et ce sont dans ces espaces investis par les maisons d’édition que l’amateur de bande dessinée y a trouvé son grand bonheur, non sans faire preuve de patience, en obtenant une dédicace de son auteur préféré. Il y en avait pour tous les goûts, puisque plus de 1 500 auteurs étaient présents pour ce 39e Festival! Pour les grandes maisons d’édition, ce sont parfois jusqu’à six auteurs qui, côte à côte, se prêtent au jeu pendant deux ou trois heures consécutives, parfois chaque jour. Il fallait voir ces files, longues parfois de plus de 300 mètres, d’amateurs à attendre.

Même les journalistes – environ 700 représentants de la presse avaient été accrédités, dont votre hebdo L’ÉVEIL – y ont trouvé leur compte, ayant accès à des petits salons privés des grandes maisons d’édition, où il était possible de rencontrer et d’interviewer les auteurs de l’heure. Tout cela, autour d’un verre de vin ou de bière!

Enfin, le Festival international de la bande dessinée, c’est l’occasion de récompenser des auteurs et des ouvrages parmi une liste d’une centaine d’ouvrages. Le plus prestigieux d’entre eux, le Fauve d’or pour le Prix du meilleur album, a incidemment été attribué cette année à un Québécois d’origine, Guy Delisle, pour Chroniques de Jérusalem, édité par Delcourt.

Une incursion à Angoulême pour vivre pleinement ce festival vaut donc le déplacement si, bien évidemment, vous êtes tombé dans la marmite de la bande dessinée. Depuis le Québec, ça fait un peu loin, c’est vrai, mais vivre au moins une fois le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême vaut assurément son pesant d’or!

 

 

Organisations: Musée de la bande, L’ÉVEIL

Lieux géographiques: Angoulême, France, Atlantique Maus Québec

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