Certains individus, revêtant un uniforme et placés en situation de pouvoir, se transforment en personnages caractérisés par l’arrogance, arrogance qui provoque chez eux un sentiment certain d’impunité. L’incident Auger-Burrows en est une belle illustration et si vous qui croyez qu’Alex Burrows a menti en prétendant que l’arbitre Stéphane Auger l’ait menacé de représailles durant la période d’échauffement du match Canucks-Predators du 11 janvier dernier, ne lisez pas ce qui va suivre.
Pour avoir un peu frayé dans le merveilleux monde du hockey, voici ma version imaginaire de cette conversation entre les Québécois Burrows et Auger: «Toé, mon tab… tu m’as fait mal paraître la dernière fois, mais ça n’arrivera plus. Watche toé à souère…» Et que ceux qui pensent qu’Auger n’aurait pas pu être imprudent au point de tenir une telle conversation réfléchissent à ce que l’arrogance et le sentiment d’impunité en raison de sa fonction ont conduit l’ex-président Clinton à faire dans le bureau ovale de la Maison-Blanche. Il n’y a aucun doute dans mon esprit que les propos de Burrows sont véridiques. En bons avocats de la défense, certains se sont attaqués à la réputation de ce dernier, le qualifiant d’agitateur; oui, et après? Excuse-t-on encore le viol, prétendant que la victime était trop court vêtue? Oui, il se peut que Burrows ait fait mal paraître Auger dans un match précédent, et après? Lorsque l’homme revêt son uniforme rayé, il devient un arbitre et DOIT faire abstraction de tous ses préjugés et rancœurs envers les joueurs sur la glace ou alors se récuser de son assignation. J’exagère? Dites-moi alors pourquoi un juge se désiste d’une cause où il connaît personnellement l’accusé ou pourquoi on refuse un juré dans les mêmes circonstances? Tout simplement parce que l’impartialité de l’un et de l’autre, nécessaire à la justice, pourrait être mise en doute et leur jugement être contesté sinon tout simplement annulé.
Mais revenons sur terre, il ne s’agit après tout que d’un sport et de la crédibilité de la LNH, et le superviseur des arbitres ne pouvait pas savoir en distribuant ses assignations qu’Auger avait «une crotte sur le cœur» envers Burrows. Voici donc comment tout cela aurait dû se dérouler dans la belle tradition hypocrite sportive: Auger aurait dû appliquer le principe que la vengeance est un plat qui se mange froid et surtout en silence, ne jamais parler à Burrows, attendre deux ou trois matchs, et là, régler le cas de cet «agitateur». Ce dernier aurait quand même poussé les hauts cris, hérité d’une inconduite et d’une extrême inconduite ainsi que de l’amende assortie. L’ego d’Auger aurait ainsi été satisfait dans l’ignorance et l’indifférence de tous.
Mais Burrows s’est ouvert aux médias, les mêmes auxquels Auger ne s’était pas privé de livrer ses états d’âme dans l’affaire Shane Doan, et il devra payer une amende de 2 500 $ (alors que le règlement ne prévoit que 1 000 $). Quant à Auger, on nous dit qu’il a dû se faire parler dans le blanc des yeux et qu’il sera sans doute exclu des assignations en séries de fin de saison. Mais ce ne sont là que des on-dit, Auger sévira impuni sur les glaces de la LNH, du moins jusqu’à la fin du calendrier régulier, et la confrérie des zébrés continuera à être bien protégée sous le faux prétexte de l’intégrité du sport. Amen!
Abus de pouvoir?
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