Il y a parfois de ces coïncidences qui vous font douter des coïncidences. Ainsi, la semaine dernière, décédait un monsieur de 76 ans. Le monsieur a été coach de hockey pendant de si nombreuses années que la moitié des Eustachois de 40 à 55 ans ont dû jouer sous ses ordres durant leur stage peewee. Un monsieur qui aimait le hockey et ses joueurs avec passion, ceux de partout dans LNH provenant de son Abitibi, détestait les traîne-savates d’Europe et d’ailleurs. Un monsieur qui n’a jamais en fait cessé d’être coach, parce qu’il avait une opinion sur tout ce qui se passait dans le petit et grand monde du hockey. Un monsieur petit et simple, si simple qu’un de ses proches nous confiait que s’il n’en avait tenu qu’à lui, on l’aurait tout simplement enterré sans cérémonie. C’est par respect pour son humilité que je ne nomme pas le monsieur. Mais dans le fond, tout le monde sait bien de qui je parle.
La coïncidence? Le départ du monsieur s’est produit la semaine même ou l’Association du hockey mineur de Saint-Eustache a décidé de se faire une fête, une fête pour «développer le sentiment d’appartenance». Du temps où le monsieur coachait, le sentiment d’appartenance ne faisait aucun doute; on jouait ville contre ville et l’aréna était bondé du dimanche matin jusqu’en fin d’après-midi alors que défilaient les matchs des catégories peewee jusqu’à juvénile. Me remémorant cette époque et le monsieur coach décédé la semaine dernière, j’ai eu une petite pensée pour tous les coachs d’aujourd’hui. C’est sûrement bien de mettre en évidence les exploits des jeunes joueurs de hockey, soient-ils élites ou pas, mais il ne faut pas passer sous silence le travail que les entraîneurs, aujourd’hui aussi bien hommes que femmes, font auprès des jeunes hockeyeurs dans des conditions pas toujours faciles.
Car, coacher aujourd’hui, c’est d’abord suivre des cours pour pouvoir le faire et c’est, comme autrefois, se lever parfois très tôt pour la pratique du week-end après avoir sacré toute la semaine dans la circulation matinale avant de bosser de longues heures pour sacrer de nouveau dans la circulation de fin de journée. Coacher c’est être le bon professeur gentil avec les enfants, mais aussi avec les parents tout en étant assez exigeant pour satisfaire la soif de victoires des uns et des autres. Coacher c’est parfois également et malheureusement prendre des décisions sur le temps d’utilisation des joueurs en évitant de blesser leur ego et, plus souvent qu’autrement, celui des parents, ce dernier souvent bien plus gros que celui du petit joueur. Bergie, celui des Nordiques et maintenant de RDS (pas celui que je n’ai pas nommé par respect pour son humilité), disait toujours que sur une équipe de hockey, «le tiers est avec le coach, le tiers contre et l’autre tiers qui s’en fiche». C’est aussi vrai des joueurs au niveau professionnel qu’à celui des parents chez les tout-petits. Bref, en plus de le faire bénévolement, le coach doit réunir toutes ces qualités humaines et plaire à tout le monde et à son père.
Coïncidence ou pas, j’offre un dernier salut à notre humble coach qui se retrouve au royaume des glaces éternelles et un salut à tous ceux qui se dévouent aujourd’hui à faire aimer notre sport national. Je ne peux que leur souhaiter de vivre cette expérience avec la même ferveur que notre ami disparu.
Salut, coach!
- Nombre de fois lu : 14
- Coter
- Haut de page
