«Fabien se trouvait à trois minutes de la résidence des ambulanciers. Il n’est pas mort à cause du délai, mais cela aurait pu faire une différence puisque les ambulanciers ont pris 15 minutes pour se rendre à l’endroit où il se trouvait», raconte-t-elle.
Elle poursuit en mentionnant que ce qui est arrivé à son conjoint, alors âgé de 38 ans, ne doit pas être survenu pour rien, qu’il «faut sortir quelque chose de positif».
Mme Labrecque se bat depuis pour modifier l’horaire de faction en horaire régulier des ambulanciers d’Oka afin d’améliorer de façon significative le temps de réponse de ceux-ci. Appuyée de la députée de Mirabel, Denise Beaudoin, Mme Labrecque n’entend pas baisser les bras après trois ans de bataille.
«Le dossier n’a pas évolué, souligne la députée péquiste. Tout ce qu’on veut, ce sont les mêmes services en vigueur que les populations des grandes villes. Ce n’est pas le cas ici. Le ministre de la Santé n’a pas d’écoute et de respect pour la population et la sécurité des gens.»
Mme Labrecque soutient avoir été blessée lorsque le ministre Yves Bolduc a affirmé en Chambre qu’elle utilisait la mort de son mari pour tomber dans la partisanerie. «Je n’utiliserais pas mon mari pour faire de la publicité et faire avancer la carrière de Mme Beaudoin. Il ne s’agit pas d’un cas, mais de 919 cas de personnes qui ont été transportées», soutient-elle.
Elle souligne la population vieillissante, l’arrivée de nouveaux résidants avec le développement résidentiel, les touristes en visite pour la plage et le parc, des raisons de plus pour s’assurer d’offrir un service ambulancier rapide et efficace.
«En travaillant sur appel, il peut arriver que les ambulanciers fassent d’innombrables allers-retours entre Oka et Saint-Eustache. Il se peut qu’ils n’aient pas une nuit de sommeil de huit heures afin d’être efficaces», signale-t-elle.
Mme Labrecque raconte que lors du dépôt de sa pétition, en novembre dernier, le ministre Bolduc était d’accord avec la motion déposée à cet effet par la députée de Mirabel. Selon elle, il a ainsi donné l’impression qu’il s'engageait à résoudre de façon permanente le service d’ambulance d’Oka et d’autres régions du Québec. Mais le ministre se base sur des données qui ne tiennent pas compte de tous les transports ambulanciers du territoire, pour justifier son inaction dans ce dossier, affirme-t-elle.
Selon la députée, le gouvernement se targue que des experts se penchent sur le dossier, mais sans préciser de quels experts il s’agit. En octobre 2007, le Comité technique sur le déploiement des services ambulanciers sur le territoire québécois a déposé son rapport final et recommandait qu’Urgences-santé poursuive et finalise les travaux entrepris sur le sujet et dépose au ministère de la Santé et des Services sociaux ses recommandations finales pour le 1er novembre 2007. Rien n’a été rendu public à ce jour, selon Mme Labrecque.
Quand une mort accidentelle peut devenir un événement positif
Améliorer les services ambulanciers à Oka
Kimberley Labrecque a amorcé sa lutte à la mort de son conjoint, Fabien Guindon, décédé à la suite d’un accident de travail. Celui-ci est mort le 5 octobre 2007 tandis qu’il se trouvait dans une tranchée pour y réparer une conduite, lorsqu’une paroi s’est subitement détachée. Enseveli, écrasé par la terre et sans oxygène, il est mort sous les yeux de ses collègues cols bleus.
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