Pour Kimberly Labrecque, veuve de Fabien Guindon, décédé à la suite d’un accident de travail, il apparaît évident que les citoyens d’Oka, les employés municipaux et plusieurs intervenants ne connaissent pas l’existence du service 9-1-1 à l’intérieur d’Oka. «Lors de l’accident de Fabien, les gens ont appelé à la municipalité pour demander de l’aide», dit-elle, précisant que le rapport d’enquête a démontré que le temps entre l’accident et l’arrivée des secours dépassait la limite québécoise acceptée.
Pour remédier à cette situation, Mme Labrecque a pris le bâton du pèlerin et a décidé de se battre pour faire connaître l’existence du service. Son but: éviter qu’une telle situation se reproduise. «J’ai eu un engagement du ministère de la Santé, qu’il fera connaître l’existence du service 9-1-1 dans les journaux. Après vérification, j’ai constaté qu’aucun article n’avait été publié à ce jour. C’est pourquoi je prends l’initiative d’en informer la population», explique la jeune mère.
Rappelons que les résultats de l’enquête de l’Agence des services sociaux ont révélé qu’au moment de l’accident, les responsables ont contacté un employé de l’Hôtel de Ville, qui a téléphoné aux services ambulanciers de Kanesatake, avant d’être informé qu’il devait appeler le 9-1-1.
Service ambulancier
Dans le même sens, Mme Labrecque a découvert que le service ambulancier en vigueur dans la Municipalité d’Oka éprouve de la difficulté au niveau du temps d’intervention. Selon les informations, il semble que les ambulanciers de garde, deux à l’occurrence, restent à leur domicile lors des périodes de travail. Une fois l’appel entré, le chauffeur doit aller chercher son coéquipier avant de se rendre sur les lieux. Une démarche trop longue selon la veuve.
«Je suis allé au conseil municipal d’Oka pour demander une intervention dans le dossier des ambulances. J’ai reçu aucun commentaire positif de la part de la municipalité et du maire qui ne désiraient pas s’impliquer pour remédier à la situation», dénonce Mme Labrecque.
Selon Mme Labrecque, la MRC a émis un avis reconnaissant qu’il existe une problématique au niveau du service d’urgence à Oka. «Le temps normal d’intervention est de huit minutes au Québec. À Oka, il faut compter environ 16 minutes et parfois plus, avant de voir arriver les secours», estime la mère de trois enfants.
Prêtes à aller jusqu’au bout, Mme Labrecque et la Fraternité des paramédics et employés des services préhospitaliers du Québec font actuellement circuler une pétition pour dénoncer cette situation. «Il y a beaucoup d’histoires d’horreurs. Maintenant que nous sommes conscients du problème, pourquoi nous ne sommes pas capables de corriger la situation», dénonce-t-elle. Dans sa lutte, Mme Labrecque a reçu l’appui du député de Mirabel, François Desrochers, qui s’est dit touché par la problématique.
Enfin, Mme Labrecque a déploré l’amende «bonbon» reçue, au mois d’octobre, par la Municipalité d’Oka dans cette affaire et le retrait de l’accusation contre le contremaître. «Aucune personne n'est tenu responsable de ses actes. La CSST ainsi que le procureur de la Couronne donnent l'exemple qu'un contremaître peut sauter tout les mesures de sécurité rédigées par la CSST et causer directement le décès d'un employé et il s'en sort avec rien. Quel beau message! Ça prend une CSST indépendante de l’employeur», a-t-elle commenté.
Un service 9-1-1 sans vitesse
(Photo Michel Chartrand) - Kimberley Labrecque milite en faveur de l’instauration d’un service d’urgence efficace dans la région d’Oka.
Service ambulancier dans la Municipalité d’Oka
Saviez-vous qu’il existe un service 9-1-1 pour les citoyens de la Municipalité d’Oka? Contrairement à la croyance populaire des gens des environs, le service existe depuis près de quatre ans et a pour mandat de répondre aux différents appels des citoyens de la municipalité.
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