C'est du moins le message qu'elle a livré lors de son passage à l'Impéria Hôtel et Suites, le jeudi 20 septembre dernier, alors qu'elle était la conférencière d'un dîner organisé par la Chambre de commerce et d’industrie de Saint-Eustache–Deux-Montagnes–Sainte-Marthe-sur-le-Lac.
La productrice de Cinémaginaire est bien placée pour comprendre le cheminement parfois hasardeux des gens d'affaires, qui comporte une grande part d'apprentissage sur le terrain. C'est ce qu'elle-même a dû faire dans un secteur comme celui du cinéma où tout est encore à défricher, au Québec.
Relatant sa propre expérience, Denise Robert avoue s'être lancée dans le métier de productrice sans trop s'y connaître, motivée par sa passion du cinéma. «Je faisais croire que je connaissais cela, alors que je n'y connaissais rien. Il n'y avait pas d'école pour apprendre à gérer le cinéma», a confié humblement celle qui a produit, entre autres, Aurore, Dérapages, Omerta et Les invasions barbares.
Seul l'instinct l'a guidée: «À chaque fois que tu fais un film, c'est abstrait. Tu ne sais pas si ça va être un bon film et il faut trouver des millions de dollars. C'est un métier que j'exerce dans l'inconscience, car si je me mets à penser "tout d'un coup, ça ne marche pas", je vais perdre mon instinct.»
Le thème de la mort abordée dans Les invasions barbares en rendait plus d'un frileux dans le milieu du cinéma. Elle n'a pourtant pas hésité, dit-elle, à devenir la productrice du projet de son conjoint, Denis Arcand, qui a par la suite été primé par les plus grands jurys cinématographiques.
C'est encore son instinct qui l'a poussée, lors du Festival de Cannes de 2003, à convaincre le célèbre distributeur américain Harvey Weinstein d'acheter Les invasions barbares et à rendre la nouvelle publique. On connaît la suite.
Aux dires de Mme Robert, être productrice dans un milieu de producteurs masculins ne lui a pas facilité les choses. «C'est un défi de plus», a-t-elle laissé savoir. Face à une femme qui réussit, les insinuations vont bon train. «Il n'y a rien que je n'ai pas entendu», se souvient-elle.
Fort heureusement, le succès de ses productions lui a permis de se faire une belle notoriété dans le milieu du cinéma québécois.
Et les honneurs, elle les voit comme un phénomène bien éphémère. «La soirée des Oscars, ç’a passé en 10 secondes. Nous sommes apparus sur le tapis rouge et là, les flashs se sont ouverts. Après quelques mètres, il n'y avait plus rien. Et j'étais nerveuse, on m'avait prêté une robe et un collier de diamant d'un million et demi de dollars», raconte la productrice sur un ton anecdotique. Une grosse soirée, mais vite passée.
Hollywood est désormais loin. Il y a eu ensuite Alys Robi, L'enfant prodige, Le sens de l'humour et autres.
Pourtant, s'il est une réalisation dont elle est particulièrement fière, c'est d'avoir persuadé le directeur de l'hôpital Sainte-Justine, voilà quelques années, de lui laisser refaire la décoration de la salle d'urgence afin d'en faire un lieu divertissant et attrayant pour les enfants malades. En collaboration avec le Cirque du Soleil, elle a fait construire une salle de cinéma où l'on projette les films les plus récents.


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